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La Sécurité sociale gagne de l’argent en empruntant

vendredi 16 novembre 2018

Le résultat financier de l’Acoss en 2016 devrait atteindre 82 millions d’euros pour 25,3 milliards de nouveaux emprunts.

Depuis que la BCE a abaissé les taux d’intérêt à court terme à zéro, puis en-dessous de zéro, s’endetter peut devenir très rentable. Ainsi, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), qui joue le rôle de banque interne pour les caisses d’assurance-maladie, vieillesse, etc., affiche depuis deux ans un résultat financier positif grâce aux taux d’intérêt négatifs.

En 2015, l’Acoss a emprunté 28,6 milliards d’euros, toujours à court terme c’est-à-dire à moins d’un an (billets de trésorerie et « Euro commercial papers "). Elle a affiché un solde financier positif de 16,4 millions d’euros grâce à des taux d’intérêt négatifs de -0,11 % en moyenne. En 2016, elle devrait emprunter un peu moins d’argent, 25,3 milliards, et s’attend à un résultat financier de 82 millions d’euros dû à un taux d’intérêt négatif encore plus prononcé, à -0,3 % en moyenne !

Dans ce contexte très favorable, la Cour des comptes a peu d’écho lorsqu’elle demande au gouvernement de faire voter de nouveaux transferts de la dette de l’Acoss vers la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), afin qu’elle soit amortie à plus long terme. « La politique monétaire actuelle ne nous donne aucune raison de croire que les taux vont brusquement augmenter à l’horizon d’un an », explique Alain Gubian, qui pilote la direction financière de l’Acoss. « Il y a une très forte demande sur ces titres, et pas de risque de change car s’ils sont libellés en devises, nous convertissons immédiatement tous les flux en euros ", rassure-t-il.

Bien entendu, ces gains financiers ne suffisent pas à faire revenir dans le vert la trésorerie de l’Acoss - les derniers excédents enregistrés, modestes au demeurant, remontent à 1999-2001. En dépit d’un transfert exceptionnel de 23,6 milliards d’euros à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), la banque de la Sécurité sociale devra encore faire face à un besoin de financement estimé à 16,3 milliards d’euros fin 2016. Cette trésorerie dégradée durera tant que les déficits s’accumuleront dans les organismes de Sécurité sociale.

Solveig Godeluck - Les Echos

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