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Le Coronavirus commence à toucher lourdement l’Afrique.

vendredi 20 mars 2020

Les virus comme la grippe on tendance à disparaître avec l’arrivée de l’été.
Les prévisions concernant l’Afrique étaient positives et encore une fois non alarmistes. Cette tendance des experts à prévoir les risques majeurs d’une pandémie sont encore une fois vains. Or le coronavirus semble se répandre malgré la chaleur tant attendue en Europe et démontre qu’il n"y a pas de saisonnalité.
Si nous revenons aux discours des experts télévisuels comme le médecin Michel Cymes, la comparaison entre le coronavirus et la grippe est une foutaise, puisque la grippe apparait lorsque les températures sont basses et la conservation du virus s’effectue avec le froid et l’humidité et reste persistant sur les mains et les objets inertes.
Seul le confinement freine la propagation du virus tout en prenant des mesures d’hygiène stricte. Le manque d’eau est crucial en Afrique et certaines populations ne pourront pas opter sur le même mode opératoire que dans le reste du monde.
Pour que le coronavirus perde sa potentialité de transmission, il faudrait qu’il soit exposé à des températures de 56 degrés pendant 20 à 30 minutes et à 65 degrés pendant 5 à dix minutes.
Selon une étude américaine publiée le 17 mars, le coronavirus peut survivre au moins 3 heures en suspension dans l’air et jusqu’à 4 heures sur du cuivre, 1 jour sur du carton ou encore 3 jours sur de l’acier inoxydable ou du plastique. Après une prépublication qui avait fait grand bruit lors de sa mise en ligne le 13 mars sur le serveur medRχiv , des chercheurs du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (Montana, Etats-Unis) ont publié leurs données le 17 mars dans la revue The New England...
Malheureusement et curieusement ces virus n’ont pas de frontières, hormis celle de la circulation des biens et des personnes dans le contexte de la mondialisation marchande.

Covid-19 : un « Plan Marshall sanitaire » pour une action coordonnée en Afrique

Par Par Marie-France Réveillard

La conférence virtuelle organisée ce 19 mars par Vera Songwe, la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) depuis Addis-Abeba a réuni plusieurs ministres des Finances africains. L’heure est à la prévention, mais aussi à l’évaluation de l’impact économique du Covid-19 qui pourrait faire chuter la croissance africaine à 1,8 %.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA) appréhende l’impact du coronavirus sur les économies africaines, en passe de compromettre sérieusement la croissance déjà atone du continent. Les pays exportateurs de pétrole perdent actuellement 65 milliards de dollars de revenus selon la CEA, tandis que les prix du baril continuent de chuter pour atteindre 22 dollars d’après le WTI (19/3/2020), soit la plus forte baisse enregistrée depuis 2002. Les recettes pétrolières nigérianes sont en chute libre et passeraient de 14 milliards de dollars à 19 milliards en 2020, toujours selon les estimations de la CEA. Parallèlement, les mesures pour limiter l’impact du Covid-19 pourraient coûter jusqu’à 3 % de PIB aux économies africaines.

A l’occasion de la conférence de presse du 13 mars dernier, la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique déclarait que le continent « pourrait perdre la moitié de son PIB (en 2020) avec une croissance qui passerait de 3,2 % à 1,8 % en raison d’un certain nombre de facteurs, parmi lesquels la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales », précisant par ailleurs que l’Afrique devra augmenter ses dépenses de santé de 10.6 milliards de dollars, pour endiguer la propagation du Covid-19. Ces pertes de revenus sont susceptibles générer une dette insoutenable aussi, dans une présentation des effets économiques du Covid-19 en Afrique, la CEA a appelé les gouvernements africains à revoir leurs budgets, afin de redéfinir les priorités de leurs dépenses et d’appréhender les impacts négatifs du coronavirus sur leurs économies. C’est dans ce cadre que s’est tenue la visio-conférence de presse organisée ce 19 mars par Vera Songwe depuis la capitale éthiopienne qui a rassemblé plus de 240 participants.

1/2 Plus de 25 ministres africains des finances se sont réunis virtuellement pour discuter des effets économiques de #COVID-19. Ils font appel à une approche coordonnée de la réponse de l’Afrique à la crise... pic.twitter.com/43kxUsQF1R
— ECA (@ECA_OFFICIAL) March 19, 2020

Entre prévention et mutualisation des efforts

Alors que l’Afrique du Sud qui comptabilise 116 cas confirmés a déclaré « l’état de catastrophe nationale », les pays encore épargnés par le Covid-19 anticipent et multiplient les mesures préventives, comme la Sierra Leone ou le Niger.

« Nous avons pris des mesures de confinement. Tous les évènements internationaux sont annulés. Depuis aujourd’hui, les deux principaux aéroports ont été fermés, pour une durée de deux semaines reconductibles. Les frontières sont fermées, tout comme les lieux publics tels que les restaurants. Demain, nous fermerons les écoles [...] La psychose règne, l’activité économique est ralentie et cela pèse sur notre trésorerie [...] Le gouvernement a débloqué des ressources pour un plan d’urgence sanitaire », a déclaré le ministre des Finances du Niger, soulignant la nécessité d’« une action coordonnée au niveau supranational, car la meilleure arme pour nos systèmes de santé fragiles reste la prévention ».

Il en appelle dès à présent à un « Plan Marshall sanitaire ». Outre des infrastructures médicales trop rares et souvent mal équipées, les produits pharmaceutiques sont essentiellement importés des pays eux-mêmes affectés par le Covid-19 (notamment la Chine et l’Union européenne). Or les prix des médicaments pourraient rapidement augmenter et leur disponibilité pour les Africains se réduire simultanément comme peau de chagrin.

A quelques minutes de la tenue d’un Conseil des ministres extraordinaire, le ministre des Finances du Togo a alerté sur l’impact économique du virus : « Nous n’avons pas encore fermé les frontières, mais nous savons que le choc sera sévère pour nous, en tant que hub logistique régional. Nous avons développé un plan d’urgence sanitaire qui représente entre 2 et 3% du PIB, que nous avons transmis au FMI [...] Il serait bien d’avoir une approche coordonnée pour faire face à ce fléau mondial ».

Le Togo a suspendu toute liaison aérienne et interdit le rassemblement de plus de 100 personnes, mais aucune décision en ce début d’après-midi, n’avait été prise concernant le port de Lomé. Pour sa part, le représentant du Tchad a confirmé qu’aucun cas n’était confirmé, mais qu’un plan d’urgence avait d’ores et déjà été validé en Conseil des ministres, d’un coût de 15 milliards de francs CFA, dont 8 milliards restent à mobiliser. « L’aéroport international sera fermé ce soir, seuls les vols cargos seront autorisés et l’école sera bientôt fermée », a-t-il précisé, avant de conclure que faute d’informations suffisantes sur la persistance du virus, il était difficile de prédire l’impact économique réel du Covid-19.

Enfin, la représentante de Côte d’Ivoire a appelé à une communication plus large et disponible pour tous, y compris en langues locales, « ce qui représente un coût important dans des pays africains dotés de nombreuses langues », n’a pas manqué de souligner Véra Songwe.

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