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Coronavirus : l’INSERM et Gilead travaillent en collaboration

jeudi 26 mars 2020

Le Plaquenil ( hydroxychloroquine ) du professeur Raoult est un médicament concurrent du Remdesivir du laboratoire Gilead pour éradiquer l"épidémie de coronavirus.
Karine Lacombe, dont nous avons cherché en vain les publications scientifiques, ne nous présente que ses participations rétribuées par Gilead ( entre autres) et ses liens avec l’INSERM de Yves Lévy, époux d’Agnès Buzyn...
Et dans le contexte social conflictuel entre le peuple français et l’Etat, nous pouvons ajouter que Black Rock futur bénéficiaire du pactole que représente les retraites françaises est également actionnaire du laboratoire Gilead.
Puisque nous parlons des fonds de pension, il faut rappeler que le seul laboratoire pharmaceutique français habilité à fabriquer de la chloroquine, le laboratoire Famar, est en redressement judiciaire après son expérience financière avec le fond de pension KKR qui a aussi ruiné l’entreprise française Pages Jaunes [1].

Lancement d’un essai clinique européen contre le Covid-19 Communiqué | 22 mars 2020 - 13h00 | Par INSERM (Salle de presse) Immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie

Un essai clinique, baptisé Discovery et coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium Reacting, démarre ce week-end en France pour tester quatre traitements expérimentaux contre le COVID-19. Il s’agit d’un projet européen[1] dont la partie française est financée par les Ministères de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) et de la Santé et des Solidarités (MSS)..Il est piloté par Florence Ader, infectiologue dans le service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon et chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie CIRI (Inserm/CNRS /Université Claude Bernard Lyon 1).

L’objectif est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de quatre stratégies thérapeutiques expérimentales qui pourraient avoir un effet contre le Covid-19 au regard des données scientifiques actuelles.

« Nous avons analysé les données issues de la littérature scientifique concernant les coronavirus SARS et MERS ainsi que les premières publications sur le SARS-COV2 émanant de la Chine pour aboutir à une liste de molécules antivirales à tester : le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l’interféron bêta, et l’hydroxychloroquine. La liste de ces médicaments potentiels est par ailleurs basée sur la liste des traitements expérimentaux classés comme prioritaires par l’Organisation Mondiale de la Santé.

La grande force de cet essai est son caractère « adaptatif ». Cela signifie que très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche. Nous pourrons donc réagir en temps réel, en cohérence avec les données scientifiques les plus récentes, afin de mettre en évidence le meilleur traitement pour nos malades », explique Florence Ader.

Il est prévu d’inclure 3200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume uni, l’Allemagne et l’Espagne, et peut être d’autres pays dont au moins 800 en France hospitalisés pour une infection COVID-19 dans un service de médecine ou directement en réanimation. « Cinq hôpitaux français participeront au départ (Paris – hôpital Bichat-AP-HP, Lille, Nantes, Strasbourg, Lyon) puis nous ouvrirons d’autres centres pour arriver au moins à une vingtaine d’établissements participants. Notre stratégie d’ouverture de centre suivra la réalité épidémiologique de l’épidémie avec une priorisation à l’ouverture de l’essai dans des hôpitaux sous forte pression ». Le recrutement démarre aujourd’hui.

« Cet essai est conçu de façon pragmatique et adaptative. Il a pour but d’analyser l’efficacité et la tolérance des options thérapeutiques pour les patients dans un temps limité. C’est une démarche de recherche résolument proactive contre la maladie », conclut-elle.

Cet essai va par ailleurs complémenter les données qui seront recueillies au cours d’un autre essai clinique international qui va bientôt commencer sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé, baptisé « Solidarity  ».

Pour en savoir plus :

L’essai DISCOVERY démarre avec cinq modalités de traitement :

soins standards
soins standards plus remdesivir,
soins standards plus lopinavir et ritonavir,
soins standards plus lopinavir, ritonavir et interféron beta
soins standards plus hydroxy-chloroquine.

L’attribution des modalités de traitement se fera de façon randomisée, c’est à dire aléatoire, mais patients et médecins sauront quel traitement est utilisé (on parle alors d’essai ouvert). L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque patient.

[1] soutenu par les projets Combacte, Prepare et Recover


Un premier essai décevant pour le lopinavir-ritonavir

Par Dr Irène Drogou -

Des Chinois ont publié le premier essai randomisé évaluant l’anti-VIH associant le lopinavir et le ritonavir chez 199 patients ayant une forme grave de l’infection Covid-19.

L’association de lopinavir et de ritonavir est l’une des pistes retenues dans l’urgence pour lutter contre l’infection Covid-19. Alors que plusieurs essais sont en train de se monter dans le monde, notamment en Australie et en France dans le cadre de REACTing, le premier essai randomisé chinois, baptisé LOTUS China et publié dans « The New England Journal of Medicine », fait l’effet d’une douche froide.

Chez 199 cas confirmés de l’infection avec atteinte respiratoire et désaturation en oxygène < 94 %, l’équipe du Dr Cao dans la ville de Wuhan conclut à l’absence de bénéfice sur le temps d’amélioration clinique entre le groupe traité et le groupe témoin.

Dans cet essai ouvert, randomisé et contrôlé, ce critère principal de jugement était défini par le délai pour obtenir une amélioration de deux points sur une échelle de sept ou celui écoulé jusqu’à la sortie de l’hôpital, le critère obtenu en premier étant retenu. Cette échelle à sept points correspond aux catégories suivantes : 1, non hospitalisé avec reprise des activités normales ; 2, non hospitalisé mais incapacité à reprendre les activités normales ; 3, hospitalisé, sans besoin d’oxygénothérapie ; 4, hospitalisé nécessitant une supplémentation en oxygène ; 5, hospitalisé, nécessitant une oxygénothérapie à haut débit, de la ventilation non invasive ou les deux ; 6, hospitalisé, nécessitant le recours à l’ECMO, une ventilation invasive ou les deux ; 7, décès.

L’association lopinavir + ritonavir (400 mg/100 mg) était administrée deux fois par jour pendant 14 jours, en plus du traitement standard. Ce dernier comprenait si nécessaire la supplémentation en oxygène, la ventilation invasive ou non, les antibiotiques, les agents vasopresseurs, la dialyse et l’ECMO.

De plus, dans les critères secondaires, aucune différence significative n’est apparue pour ce qui est de la mortalité à 28 jours (19,2 % dans le groupe traité et 25,0 % dans le groupe témoin), ni dans le pourcentage de patients ayant de l’ARN détectable à différents temps. À l’inverse, les événements indésirables digestifs étaient plus fréquents dans le groupe lopinavir + ritonavir. Seul avantage, les événements graves se sont avérés plus fréquents dans le groupe témoin.

Pour les médecins de Wuhan, cet essai est une première étape et « des prochains essais chez des patients ayant une forme grave pourront aider à confirmer ou exclure la possibilité d’un bénéfice au traitement ». Dans l’éditorial, Lindsey Baden et Eric Rubin tiennent à saluer « l’effort héroïque » des médecins de la province du Hubei à mener cet essai dans un contexte de crise sanitaire, où eux-mêmes étaient fortement exposés en tant que soignants.

B Cao et al. NEJM. doi : 10.1056/NEJMoa2001282
L Baden et al. NEJM. doi : 10.1056/NEJMe2005477


Les hôpitaux ont reçu 170 millions d’euros de laboratoires pharmaceutiques en 2018

Quelque 170 millions d’euros : c’est le montant reçu par les CHU de la part de laboratoires pharmaceutiques en 2018, selon l’enquête d’un collectif de journalistes régionaux qui relance le débat sur les liens controversés entre médecins et laboratoires.

Au total, plus d’1,36 milliard d’euros de dons, rémunérations ou avantages ont été versés en 2018 pour l’ensemble des professionnels de santé français, dans le public comme le privé, recensés dans la base Transparence Santé, une base mise en place dans la foulée du scandale du Mediator, qui rend obligatoire les déclarations de tout don de plus de dix euros, souligne le collectif Data+Local.

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