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Gay Pride des agents secrets, à Langley, dans les locaux de la CIA

lundi 6 janvier 2020

Il y a 50 ans le 28 juin 1969, les clients d’un bar gay de New York se sont révoltés après une descente de la police dans le seul bar de la ville où la présence des homosexuels était tolérée. C’est le commencement du mouvement de la Gay Pride.
Pour la CIA « peut importe le train, il faut le prendre en marche » et on peut voir actuellement les célébration de la Gay Pride dans les locaux de Lengley.
Mais un scandale en cache un autre : la police trafiquait avec les propriétaires des bars qui appartenaient à la mafia. Si l’on rajoute l’opposition à la guerre du Vietnam, mieux valait promouvoir de mouvement gay et stopper les mouvements sociaux pour cacher les petits arrangements des voyous.

Les services secrets américains seraient-ils devenus plus tolérants que le Vatican ?

Alors que le Saint-Siège fait pression pour empêcher la tenue de la Gay Pride à Rome, la CIA vient, pour la première fois, d’en accueillir une dans ses locaux de Langley, dans la banlieue de Washington.

Elle y a même invité le représentant démocrate Barney Frank, premier parlementaire à avoir reconnu publiquement son homosexualité. Secret oblige, l’Agence a refusé de communiquer les noms de ses employés, une centaine, qui y ont participé. M. Frank a déclaré au Washington Post : « Yeah ! Le fait que je sois invité à parler au cours du mois du Gay and Lesbian Pride à la CIA est un signe de progrès réel. Les gens comprennent de mieux en mieux que les préjugés contre les gays sont idiots. Je pense que cela reflète l’amélioration de l’atmosphère que l’on doit à Bill Clinton. » Le président américain a signé, en 1995, l’ordre exécutif 12 968 interdisant toute discrimination basée uniquement sur la sexualité pour les questions de sécurité.

Certes, les austères bâtiments de Langley n’ont pas été le théâtre de ces parades costumées et maquillées qui égayent une fois l’an les rues de nombreuses grandes villes. Mais les homosexuels ne s’y sentent plus rejetés. Ils s’y sont regroupés dans une association appelée Angle (pour Agency Network of Gay and Lesbian Employees), présidée par une informaticienne qui a quinze ans d’ancienneté. L’Agence nationale de sécurité (NSA) a pour sa part le Globe (Gay, Lesbian or Bisexual Employees), placé sous le patronage d’un martyr de la cause, le spécialiste du décodage britannique Alan Turing qui, après avoir percé les codes secrets nazis pendant la seconde guerre mondiale, fut contraint au suicide en raison de sa sexualité. Le département d’Etat a aussi son association.

Le temps n’est donc plus où, en vertu d’une directive du président Eisenhower, dans les années 50, l’homosexualité était considérée comme une « perversion sexuelle » passible de révocation immédiate. C’était l’époque où diplomates et agents secrets étaient soumis à une surveillance tatillonne et menaçante de leur vie privée. On ne considère plus aujourd’hui qu’un ou une homosexuel(le) représente un risque pour la sécurité en raison du chantage que pourrait exercer à son encontre une puissance adverse. La plupart d’entre eux ne se cachent plus guère. Comme l’a dit l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, « les temps ont changé. Autrefois, le problème, c’était les risques de chantage. Si cette menace disparaît, comme cela a été le cas socialement et culturellement au cours des ans, alors les gays et les lesbiennes ont leur place à la CIA ».

Les forces armées sont le dernier bastion.

L’homosexualité y reste illégale. Certes, avec Bill Clinton qui avait promis de mettre fin à cette anomalie avant de céder aux pressions de l’état-major, on s’en tient au principe « Don’t ask, don’t tell ! » ( ́ Ne posez pas de questions, ne dites rien ! ). Mais cette attitude ambigüe n’a rien réglé et les cas de discrimination ou de violences n’ont pas cessé. Longtemps dénoncé pour ses méthodes contestables, la CIA serait donc devenue un modèle politiquement correct. Il faut dire que le secret qui l’entoure protège aussi ses membres des curiosités extérieures.

Par PATRICE DE BEER Publié le 11 juin 2000

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