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Le cabinet de lobbying Ifrap pro-Bill Gates, milite pour la privatisation de l’Etat français.

dimanche 10 mai 2020

Elle possède une beauté froide, un regard tenace, et colle presque à l’image de la femme présidentiable voulue par Jacques Attali. La directrice le l’Ifrap, Agnès Verdier Molinier, prend de plus en plus de place dans le paysage médiatique français.
Après avoir fait ses armes à l’Express sous la direction de Christophe Barbier, puis au Canard Enchaîné, elle rejoint en 2002 le think tank IFRAP, Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques.
Elle a pour « parrain intellectuel » Bernard Zimmern, président d’honneur de l’Ifrap, et admirateur des milliardaires qui représentent à ses yeux la solution au chômage.

  • « Si l’on veut stopper la descente aux enfers du chômage, il nous faut plus de milliardaires »

Bernard Zimmern aime les gens riches

Bernard Zimmern a fait paraître en 2015 son essais « Changer Bercy pour changer la France » aux éditions Tatamis. Enarque et polytechnicien, il s’attaque au monstre étatique qu’est Berçy (ancien lieu de résidence de Macron). Il considère que l’Etat français possède trop de fonctionnaires, et que pour réduire le chômage il faut avoir recours aux milliardaires pour créer de l’emploi.

Pour avoir un aperçu du génie de Zimmern, voici la liste de ses idoles :

Bill Gates (Microsoft), Larry Ellison (Oracle), Jeff Bezos (Amazon), Larry Page (Google) et Mark Zuckerberg (Facebook). La France n’en possède que très peu à son goût, il existe pourtant Liliane Bettencourt, Bernard Arnault, François Pinault, Serge Dassault et Patrick Drahi.

Si l’abaissement du chômage dépend de ces tristes personnages, ils ont un pouvoir décisionnel sur les politiques et impactent le financement des campagnes électorales.

Ce « pool » de milliardaires exerce une pression orchestrée par Zimmern qui n’est en réalité qu’un simple lobbyiste, et sa vision poétique des milliardaires doit probablement lui rapporter beaucoup d’argent.
L’Ifrap ne vit que par la générosité des gentils donateurs comme Bill Gates qui distille de l’argent, dont on ne sait d’où il vient, pour influencer une politique qui plaît à Zimmern, et qui milite pour une privatisation des Etats.

Après l’élection de François Hollande aidé du lobbyiste Paul Boury, il déclarait :

  • « Nous avons cinq millions d’emplois de retard sur les Britanniques, sept sur les Allemands, à population égale. Et ce retard s’aggrave de 150 000 à 200 000 emplois par an. Ce sont 300 milliards qui manquent au revenu national, 150 milliards au budget, de quoi effacer tous nos déficits. Sans arrêter cette hémorragie, impossible de réduire significativement nos impôts et nos prix de revient. »
  • « C’est le conflit entre entrepreneurs et bureaucratie égalitariste qui décidera de la sortie du chômage et de l’avenir de notre pays ».

Nous attendons que son poulain « sorte du bois » pour savoir à quelle sauce nous allons être mangés, peut être le connaissons-nous déjà en la personne de Jean-François Cirelli, ancien dirigeant de GDF-SUEZ, puis d’Engie, et actuel président de la branche française du fond américain BlackRock qui a reçu la légion d’honneur sur la recommandation du Premier ministre Edouard Philippe ?

Agnès Verdier Molinier : James Bond Girl politique.

Agnès est belle, et plaît beaucoup aux hommes politiques. Elle possède cette beauté froide qui impressionne les hommes de pouvoir. Si belle soit-elle, ses adversaires la décrivent comme un « gourou ».
Elle estime que le gouvernement a « pris les choses à l’envers » avec la réforme des retraites, elle préfère repousser l’âge de départ à la retraite.

  • « En réalité, tous les pays qui nous entourent, on le sait tous, travaillent déjà jusqu’à 65 ans. Donc est-ce qu’on est pas un peu ridicules en France en ce moment ? »
  • « L’erreur » du gouvernement qui a voulu « courir deux lièvres à la fois avec, d’une part, la grande réforme avec le régime universel où tout le monde est dans un système unique, et de l’autre côté, l’âge pivot tout en disant qu’ils allaient maintenir l’âge à 62 ans. C’est vrai que l’erreur originelle, elle vient plutôt du gouvernement qui s’est engagé à ne pas bouger ces 62 ans alors que c’est une folie de ne pas bouger l’âge de départ à la retraite. C’est impossible d’équilibrer le système de pension, qu’il soit unique ou avec ses 42 régimes actuels, sans repousser l’âge ».

Son travail de lobbyiste, pour le Medef et les milliardaires, consiste à critiquer la gestion de l’Etat et à exonérer ceux qui ont œuvré à le déconstruire.
A la veille de la crise du Coronavirus, en bonne lobbyiste, Agnès militait pour une réduction drastique des dépenses dans les hôpitaux publics. Maintenant elle a pris de la distanciation sociale et télévisuelle, sa politique de pénurie a fourni assez de preuves pour comprendre que l’on peut être belle et intelligente, mais qu’il faut parfois savoir se taire, donc « sois belle et tais toi ».

La privatisation des Etats

Bernard Zimmern et Agnès Verdier-Molinier militent ensemble pour une privatisation partielle des Etats. Cette tendance est appliquée par le mouvement fondé par Bill Gates « The Giving Pledge ».
Cette organisation cherche à changer le monde avec un nouveau contrat social appelé « give-back » signé par 138 milliardaires américains. Créé en 2006 et lancé officiellement en 2010 par Warren Buffett et la fondation Bill et Melinda Gates, « The Giving Pledge » est le programme « des individus fortunés », du monde de la technologie et d’autres horizons qui s’engagent à donner 50% de leur fortune pour des œuvres caritatives.
C’est en quelque sorte une privatisation de l’action sociale, drapée de bonnes intentions pour échapper à l’impôt, permettant de réaliser de très gros bénéfices, sans avoir recours à l’optimisation (évasion) fiscale.
Ce club de philanthropes représente un fond de dotations qui rencontre un véritable succès parce qu’il est fiscalement très avantageux. Le fonds de dotation est plus qu’un succès, un véritable triomphe ou comment les entreprises commencent à se saisir de l’intérêt général. Selon les derniers chiffres disponibles de février 2014, 1 660 fonds de dotation ont été créés depuis août 2008. Personne ne pouvait prédire un tel engouement. Le fonds de dotation s’inspire de l’« endowment fund » aux Etats-Unis, il trouve sa place entre l’association et la fondation. En résumé, il se crée comme une association et se finance comme une fondation.

En 2017, soit à l’élection de Macron, Bernard Zimmern abondait dans cette stratégie :

  • « Dans la plupart des pays évolués, tels la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, les USA, établir une fondation qui bénéficie d’avantages fiscaux permettant de leur transmettre des sommes importantes comme des legs, ne demande aucune décision gouvernementale. Seulement une déclaration à l’administration fiscale aux USA ; un accord préalable mais quasiment automatique au Royaume-Uni et en Allemagne »

Bernard Zimmern, tout comme Agnès Verdier-Molinier, travaille à la déconstruction des Etats, à un nouvel ordre mondial qui n’est rien d’autre que la privatisation de la totalité des nations.

Geopolintel 10 mai 2020

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