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Plus dure sera la chute

mardi 1er septembre 2020

Si la Terre était plate nous pourrions, en traversant les mers de ténèbres qui nous entourent, avoir l’âpre sentiment d’approcher de son bord vertigineux. Le professeur Luc Montagnier si décrié ces derniers temps par le scientisme parisianiste, ne s’exclame-t-il pas : « Nous sommes dans un monde de fous, un monde de fous ! » [1]. Certains rétorquerons que l’honorable “Nobel” est désormais hors d’âge, déconnecté des réalités du monde et que parmi ses marottes (au nombre desquelles, très incongrue, il soutient le caractère non accidentel du SRAS-CoV-2 !), il conte fleurette au chant des sphères et à la mémoire de l’eau… Vous m’en direz tant ! Pourtant ceux qui le tiennent pour ringard sont peut-être de l’espèce des fous que justement il dénonce. Des fols dont il importerait de décrire la taxonomie (le classement en genres, ordres et sous ordres, leurs familles re/décomposées et autres embranchements) avec au bout l’intention d’établir les hiérarchies de la responsabilité, de la perversité et, in fine, de leur sombre culpabilité. Parce qu’inévitablement, face à l’effondrement social, sociétal et économique qui nous pend au bout du nez, le jour des comptes viendra… et à front renversé au regard de la grande liquidation intervenue au lendemain de la Seconde guerre mondiale [2].

Et puis, tandis que la presse audiovisuelle débite son quotidien journal de l’angoisse, la périphérie de l’Europe est au bord de s’écrouler sans que cela perturbe le débat relatif à la controverse sur le sexe des anges et le port du masque à l’école… contre lequel de grandes voix s’élèvent dans l’indifférence méprisante de la machine à fabriquer le consensus de la trouille ! Le Liban né en 1923 sous l’impulsion de la France menace d’imploser suite à la destruction du port de Beyrouth… champ de ruine où M. Macron viendra en ludion ce lundi 31 août 2020 y jouer les conseilleurs… façon Bernard Henri-Lévi ? La Biélorussie est, elle, en proie à une révolution orange afin d’y établir la démocratie, c’est-à-dire la chienlit institutionnelle à la mode de chez nous. Enfin la tension croit en mer Égée et en Méditerranée orientale entre les forces navales turques face à la Royale et aux Italiens, au risque d’une confrontation, ceci afin de contenir les appétits gaziers et géostratégiques du président Erdogan… Lequel réislamise sans vergogne les hauts lieux de l’Orthodoxie chrétienne d’Istamboul [3] : la basilique Sainte Sophie et dernièrement ce joyau byzantin qu’est Saint-Sauveur-in-Chora. Autant de provocations auxquelles l’Union européenne n’aura évidemment jamais le courage de répondre et encore moins l’audace de réagir avec vigueur… Montrant bien que, au couple Angela-Emmanuel s’est substitué pour le pire le piteux binôme Merkel-Erdogan !

Deuxième vague de peur panique

Sauf pour les idiots plongés en un état de torpeur hypnotique semi-éveillée, scotchés devant leur téloche, il devrait être aveuglant que la deuxième vague épidémique sera celle de la peur panique… avec laquelle les médias nous tympanisent à chaque instant, débitant leurs slogans anxiogènes avec la régularité de la goutte d’eau tombant sur le front du supplicié et résonnant dans sa boîte crânienne comme autant de coups de marteau : masques, gestes barrières, distanciation sociale, aspersion de gel… Encore que cette dernière recommandation soit la moins sotte de toutes et certainement la plus utile. Car depuis toujours dans les bonnes maisons – citadines ou rurales, bourgeoises et manouvrières – tous se lavaient régulièrement les mains et plus si nécessaire… les Anglais se lavaient la bouche après les repas et Talleyrand poussait le raffinement jusqu’à se rincer les sinus [4] !

La deuxième vague sera en réalité celle du marasme économique alors que migrations transméditerranéennes s’intensifient sur fond d’un insupportable pathos médiatique. Il serait question de faire de Marseille un port d’accueil européen (sommet de Malte, le 25 septembre 2019) pour les migrants attirés par l’Eldorado que constituent nos États providence, providentielles vaches à lait pour les ventres trop fécond de l’Afrique nord et sub-saharienne. Et puis sur l’aimable terre de France, ne reste-t-il pas quelques cathédrales à brûler ? Aujourd’hui ce sont des Tunisiens qui affluent, fuyant évidemment un pays en plein chaos, en proie à la guerre civile… Propos tristement ironiques, bien sûr ! Au demeurant, la troisième vague pourrait-être, elle, finalement celle des affrontements inter-ethno-confessionnels. Car cela commence à prendre tournure !

Ensauvagement

Par les temps qui courent, l’on parle en effet et de plus en plus, d’ensauvagement de la société ! Pas un jour ne se passe sans qu’un fait divers toujours plus sordide que les précédents ne soit discrètement mentionné – glissando - par des médias marchant à l’évidence sur la pointe des pieds : attention sujet casse-gueule ! Jamais – depuis la guerre d’Algérie – notre pays n’aura ainsi connu en période de paix intérieure et en un laps de temps aussi court, une telle recrudescence de crimes et de violences. À l’heure actuelle, les zones périurbaines se comptent par centaine où les policiers n’osent plus se déplacer ni opérer. Pour la petite histoire, le 28 août, les gendarmes de Berre-L’Étang (Bouches du Rhône) ont été attirés dans un guet-apens : après réception d’un appel de détresse, leur véhicule fut percuté par un parpaing expédié du dixième étage d’un immeuble. Pas de décès à déplorer et six suspects interpellés… qui feront l’objet, après quelques heures de garde à vue, d’un insipide rappel à la loi [5]. Le crime est à présent requalifié en infraction, et ce qui vaudrait de longues années de privation de liberté aux États-Unis, ne coûte plus en France qu’une admonestation administrative.

En 2005, lorsque les banlieues s’étaient enflammées il a fallu instaurer l’état d’urgence. Demain sera-ce la loi martiale ainsi que pourraient le faire penser les affrontements armés ouverts entre communautés comme aux Grésilles à Dijon [6], ou ceux de Grenoble, de Marseille, ou plus anciens, de Perpignan entre gitans et maghrébins ? Incidents qui prolongent l’interminable litanie de faits de même nature qui depuis quarante ans (et l’arrivée de la Gauche aux Affaires) pourrissent la vie des Français les plus mal lotis (ceux qui pratiquent la cohabitation active avec ces populations hors-sol).

Au demeurant leur multiplication - comme celle des sinistres scénarios de mise à mort d’Axelle Dorier, de Mélanie Lemée, de Philippe Monguillot et tant d’autres poignardés, frappés, défigurés – finit par ne plus ressortir de simples faits divers (comme il en a toujours existé dit-on) ou mieux d’incivilités (comme se plaisait à les désigner ce 22 juillet le chef de l’État sur la chaîne TF1, lui qui ne les subira jamais dans sa chair), mais d’une forme de terrorisme au jour le jour, à bas bruit, qui annoncerait mezzo voce le passage de la guerre civile froide [7] à la guerre civile tout court. Les agressions contre ces officiers de police que sont les maires en est un autre symptôme plutôt alarmant, surtout depuis que le 5 août 2019, le maire de Signes dans le Var trouvait la mort, fauché par une camionnette occupée par deux individus à qui il reprochait de jeter des gravats en une décharge sauvage !

Autre signe navrant, la multiplication depuis un an (une quinzaine de départements sont concernés mais particulièrement le Gard qui compte un cheptel d’environ 45000 équidés) de mutilations de chevaux, d’ânes, de poneys et de veaux dans leurs prés : museaux tranchés, oreilles et verges coupées, animaux lacérés, éventrés, tués à coups de sabre d’abattis. Mimétisme dans l’horreur, tueurs nomades isolés, rites satanistes, toutes les suppositions sont plausibles, y compris celle selon laquelle ces psychopathes pourraient se faire la main avant le dépeçage en règle de juteux bipèdes ! Après tout, les surinades de rue sont aussi largement devenues tendance ces dernières années, non ?

Une classe politique gangrenée jusqu’à la moelle

Las, les Céfrans se trouveront singulièrement démunis le jour où surviendra la tempête s’étant laissé désarmer… comme ils se sont laisser passer, sans broncher, la muselière covidesque. Leur unique salut viendra alors, espérons-le, d’Outre-Atlantique où les Milices défendent leur droit distinctif d’hommes libres à détenir et porter des armes. Pour nous autres, gens de peu, qui dégringolons la pente des libertés et de la dignité, nous pourrons certes nous affubler du collier d’esclave, lequel distinguait dans la Gaule mérovingienne, le noble de l’ignoble. Ce ne sera que justice et bien méritée.

Et lorsque ce moment arrivera, la classe politique hexagonale qui a unanimement condamné le 29 août un texte de Valeurs actuelles, « magazine ultra-conservateur présentant Danièle Obono, députée noire de la gauche radicale, en esclave [8] », feindra de battre sa coulpe, mais un peu tard. Le président Macron s’est lui, aussitôt précipité sur son bigophone pour appeler la députée de la France insoumise et lui faire part - horresco referens ! - de sa « condamnation claire de toute forme de racisme » [AFP]. Pour sa part, et pas en reste, le Premier ministre Castex stigmatisait sur twitter une «  publication révoltante », assurant la pauvre Obono du plein soutien du gouvernement. Ah mais ! Relevons via cette anecdote que, selon la presse helvétique, la gauche radicale siège à l’Assemblée nationale quoiqu’en principe, selon sa vulgate, elle ne rêve que d’aube rouge et de Grand jour assortis de têtes au bout des piques. Voilà qui est hautement démocratique et humanitarien. N’oublions pas qu’entre les Insoumis du Parlement (le sieur Mélenchon, ce grand bourgeois, siège au Sénat depuis 1986 avec tous les privilèges, avantages et prébendes afférents) et les Black-blocs, les Antifas, les Zadistes n’existe que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Néanmoins, le seul danger immédiat en Hexagonie demeure, et pour longtemps, l’horrible ultra-droite négatrice des grands mythes fondateurs de la démocratie social-libérale.

Gabonaise naturalisée en 2011, députée de la 17e circonscription de Paris et militante “indigéniste”… Une grande chance pour la France !

Dans un récit de sept pages publié cette semaine, la députée de Paris « expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage » au XVIIIe siècle [9]. Un dessin présentant Mme Obono portant collier de fer au cou illustrait ce roman de l’été. Dès vendredi, l’intéressée – qui ne manque pas d’esprit et de finesse - taxait sur Twitter ce texte de « merde raciste dans un torchon… L’extrême-droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même ». Ce à quoi rétorquait le magazine incriminé « il s’agit d’une fiction mettant en scène les horreurs de l’esclavage organisé par des Africains [eux-mêmes] au XVIIIe siècle…terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir » ! Eh oui, le devoir de mémoire s’impose à tous, indépendamment de l’origine, de la race, des opinions et de confession… surtout s’il s’agit de la religion des Droits humains. Le lendemain de cette parution, le 29 août, en réaction, des militants d’un groupuscule extrémiste raciste, la “Ligue de défense noire africaine” s’introduisaient dans les locaux de Valeurs actuelles en toute illégalité… mais sans provoquer la moindre indignation dans la classe politique unanime. Notons que Dame Obono s’était faite remarquer en novembre 2017 par sa prise position en faveur des stages en non-mixité raciale, sessions organisées par le syndicat d’enseignants, Sud-Éducation 93. Dans ce cas-là il ne s’agit évidemment pas de racisme.

Bref, il existe bel et bien des catégories de gens intouchables, très au-dessus de lois, et qu’il ne faut pas froisser sous peine des pénalités morales et matérielles les plus lourdes… ce qui leur confère l’exorbitante faculté de réécrire l’histoire à leur guise et de mener contre les hexagonaux de souche et la civilisation blanche en général une guerre à outrance, terrorisme intellectuel d’abord puis sans doute confinement en fin de partie, dans des bantoustans sur mesure…

Un peu de conspirationnite aigüe : imaginons un instant que ce que pourrait laisser présager la carte Covid transposée dans un pays divisé en länder racialo-confessionnels soumis à des règles inspirées de la discrimination compensatoire en vigueur dans les concours de recrutement de nos administrations bientôt totalement genrées et racisées. Les zones rouges et vertes ne nous habituent-elles à de futures draconiennes restrictions de déplacement, permanentes voire définitives ? Parce qu’une fois que le pli est pris, il est pris !

Un monde de fous disions-nous !

31 août 2020

Notes

[1« On va à la catastrophe, à la fin de la civilisation… » 21 août 2020 https://youtu.be/c5gI2Ywex-w

[2Cf. Pierre Gillieth “L’Épuration ou la fin d’un monde” - Auda Isarn avril 2020.

[3Byzance devenue Constantinople le 11 mai 330 ne sera débaptisée que le 28 mars 1930 par Kemal Pacha Atatürk soit près de quatre siècles après sa conquête par Mehmet II (lire Steven Runcinan « La chute de Constantinople 1453 »).

[4Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, dit le diable boiteux, né le 2 février 1754, mort le 17 mai 1838. Lire sa fascinante biographie (1946) rédigée par Charles Beaupoil de Saint-Aulaire, lui aussi diplomate de haut vol.

[5F3 & sputniknews.com29août20

[6On lira avec le plus grand profit une analyse de Russia Today (18 juin 2020) relative à la communauté tchétchène sévissant en France : francais.rt.com/france/76037-conflits-intercommunautaires-ou-guerre-territoire-comment-expliquer-evenements

[7« La guerre civile froide » JM Vernochet – Le Retour aux sources octobre 2017.

[9Sur les réalités de terrain du colonialisme et de l’esclavagisme voir et lire : « Un ancien Administrateur Territorial du Congo nous décrit comment il vécut l’aventure coloniale belge »… Il évoque entre autres les massacres intertribaux et les marchés de viande humaine (de la 17e à la 19e minute https://www.youtube.com/watch?time_...
… Ce qui corrobore le témoignage du capitaine négrier William Snelgrave « Nouvelle relation de quelques endroits de Guinée et du commerce d’esclaves qu’on y fait » publié à Londres en 1734 exposant l’argument suivant lequel “la traite sauve la vie de prisonniers de guerre destinés à être massacrés… autrement dit : égorgés et cannibalisés ce qu’omet de dire Wikipedia !

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