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Les quadrillons de dollars de la DTCC. Briser les chaînes de la dette

dimanche 18 octobre 2020

par D’Arcy Craig-Milligan

Demandez à n’importe qui de nommer la plus grande entreprise privée du monde et vous serez probablement surpris de la variété des réponses que vous recevrez. Certains trébucheront sur le mot « privé » et citeront ensuite des entreprises publiques comme Exxon, General Motors, Wal-Mart, Microsoft ou Halliburton. D’autres, sachant qu’une société privée est une société dont les actions ne sont pas cotées en bourse, pourront nommer Bechtel, Cargill, Carlyle ou Parsons. S’ils ont réuni tous les critères et comprennent que c’est le pouvoir de l’argent qui détermine maintenant l’agenda mondial, ils trouveront Rothschild/Rockefeller/Morgan, Schiff, Kuhn Loeb, Warburg, Lehman, Salomon, Goldman, Sachs ou Lazards. La majorité, cependant, haussera probablement les épaules et attendra que vous donniez la réponse, qui n’est (ding !) rien de tout cela.

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Toute description détaillée de ce chiffre d’affaires est un secret bien gardé, mais les comptes annuels 2002 de la DTCC ont montré que sur les 917 000 milliards de dollars de transactions de la DTCC cette année-là, 540 000 milliards étaient des titres d’État, représentant des dettes massives portant intérêts contractées aux frais des contribuables par les gouvernements fédéraux, provinciaux/étatiques et municipaux.

En 1999, première année d’activité de la DTCC (voir le calendrier de la DTCC ci-dessous), elle a réalisé un chiffre étonnant de 70 000 milliards de dollars. En 2000, ce chiffre a doublé pour atteindre 140 billions de dollars et en 2001, la valeur du marché monétaire et des titres réglés, des opérations de change traitées et des fonds communs de placement traités s’élevait à plus de 360 billions de dollars ! En 2002, les processus de compensation et de règlement de la DTCC rapportaient plus de 10 000 milliards de dollars tous les trois jours - un montant égal à la totalité du produit national brut des États-Unis. C’est-à-dire tous les trois jours !

Les chiffres ci-dessus dépassent de loin l’entendement de la plupart des mortels (il faudrait 32 millions d’années pour compter jusqu’à un quadrillion à partir de zéro, une seconde à la fois) mais d’ici 2006, la diversité croissante des services financiers et la nature de plus en plus centralisée de la finance mondiale auront fait passer le chiffre d’affaires prévu de la DTCC bien au-delà de 1,5 quadrillion de dollars. Il sera constitué presque entièrement de dettes électroniques - de l’argent produit par des banques privées à un coût pratiquement nul, mais prêté à des taux d’intérêt composés - ou usure.

Le classement Fortune 500 indique que la plus grande entreprise cotée en bourse est Wal-Mart, avec un chiffre d’affaires d’environ 300 milliards de dollars en 2004. La liste de Forbe des 200 premières entreprises privées en 2002 montre que Cargill est celle qui a le plus gros chiffre d’affaires. Elle vend des produits agricoles et industriels dans 61 pays différents, avec un chiffre d’affaires de près de 60 milliards de dollars.

Il n’est cependant pas fait mention de la DTCC (Depository Trust and Clearing Corporation), une société dont les actions sont étroitement détenues par des banques privées et dont le chiffre d’affaires en 2004 a dépassé le chiffre presque incroyable de quatre milliards (un million de milliards) de dollars ! C’est un chiffre tellement stupéfiant (le produit national brut du monde entier n’est que de 40 000 milliards de dollars !) qu’il mérite d’être précisé :
Ce serait assez d’argent pour couvrir toute la masse terrestre du monde, soit 57 millions de miles carrés, avec des billets de 100 dollars, si cet argent physique existait réellement. En réalité, ce n’est guère plus qu’un « blip-on-a-chip » dans le plus grand casino de jeu électronique du monde, mais il est clair que l’« argent » ne manque pas dans le système.

Qui est DTCC ?

La raison d’être officielle de la DTCC est de fournir des services de compensation, de règlement et d’information pour les actions, les obligations d’entreprises et municipales, les titres d’État et les titres adossés à des créances hypothécaires, ainsi que les dérivés de crédit de gré à gré. Son dépositaire assure la garde et le service des actifs de plus de deux millions de titres provenant des États-Unis et de 100 autres pays et territoires. En outre, la DTCC est le principal processeur de fonds communs de placement et de transactions d’assurance, reliant les fonds et les transporteurs à leurs réseaux de distribution dans le monde entier.

En termes simples, l’objectif premier de la DTCC était d’établir un contrôle mondial centralisé sur tous les services financiers imaginables. Mais le credo des banquiers internationaux est que l’argent ne doit jamais rester inactif.

Il est maintenant prouvé que les dépositaires mondiaux membres de la DTCC, comme la CDS (Canadian Depository Securities) du Canada, mettent des fonds en garantie pour acquérir des intérêts majeurs dans un large éventail de sociétés industrielles, commerciales et de ressources naturelles, de l’Australie et du Pérou à la Suède et à l’Afrique. (Equinox Minerals Ltd d’Australie est une opération modèle à laquelle participe la CDS, leur principal actionnaire, en juillet 2004). C’est ce porte-monnaie sans fond qui pousse à l’acquisition mondiale de sociétés publiques telles que des compagnies aériennes nationales, des chemins de fer, des compagnies pétrolières et des services de télécommunication et postaux, sous l’ingénieux prétexte de la « privatisation ».

Cela a commencé de manière assez innocente. Si vous avez déjà emprunté de l’argent pour un prêt hypothécaire ou automobile, souscrit une police d’assurance, négocié une ligne de crédit, ou si vous avez investi dans des actions, des obligations, des produits dérivés, des matières premières, des contrats à terme, des swaps ou tout autre « instrument » financier parmi une gamme infinie, vous savez qu’il y a toujours des documents en jeu.

À la fin des années 60, avec l’arrivée de notre économie de casino, le chaos papier est devenu si grave qu’il a menacé de faire couler l’industrie. La DTC a été créée pour « éliminer le mouvement des titres physiques à Wall Street ». Pour ce faire, elle a tout d’abord remplacé les certificats physiques par des « entrées en compte » électroniques (connues sous le nom de « dématérialisation ») et a ensuite centralisé leur stockage. Enfin, grâce à un processus appelé « netting », toutes les transactions sur un même titre pouvaient être compensées en une seule obligation par jour. Au lieu d’émettre des dizaines de milliers de chèques toutes les heures, un seul montant net a été payé ou reçu pour l’ensemble de la journée de négociation d’une banque, d’un courtier ou d’un autre intermédiaire. En conséquence, jusqu’à 97 % de toutes les obligations ont été « compensées » par le système et, en 2002, aucun échange de paiement n’était nécessaire avec la société de compensation.

Le processus de contrôle monétaire a une longue histoire, mais au cours des 40 dernières années, les banquiers privés (« marchands ») ont établi un « réseau de connectivité » sans précédent entre les banques, les courtiers, les fonds communs de placement, les principales compagnies d’assurance, les intermédiaires financiers et tous les niveaux de gouvernement, tant nationaux qu’étrangers. Dans quelle mesure leur implication est-elle généralisée ?
Eh bien, lorsque la DTCC a décidé de promouvoir d’abord les fonds communs de placement puis les « produits dérivés », toutes les sociétés de courtage du monde entier ont fait de l’hypocrisie et leurs mauvaises performances ultérieures ont détruit l’épargne de millions de personnes tout en rapportant des milliards aux « initiés ». Lorsqu’en 2003, la DTCC a lancé une promotion agressive pour l’assurance-vie, nous avons été submergés de publicités et de promotions télévisées qui se poursuivent sans relâche jusqu’à ce jour, au profit des « marchands de la peur ». Aujourd’hui, de nombreux projets indispensables ne sont pas lancés pour la simple raison que le coût exorbitant de l’assurance la rend non viable.

En 2002, les banquiers privés de la DTCC étaient pleinement engagés dans la reprise des services d’investissement à l’étranger et leur déclaration de mission prévoyait qu’ils deviendraient d’ici la fin 2005 « le fournisseur de choix dans le monde entier ». Avec plus de 100 nations étrangères, de l’Argentine à l’Australie en passant par Taïwan et le Royaume-Uni, qui peut douter qu’ils aient atteint leur objectif ?

CANADIAN DEPOSITORY FOR SECURITIES LTD (CDS) - LE LIEN CANADIEN

Rapport annuel 2004 du CDS

La CDS est décrite comme le « dépositaire national de titres, de compensation et de règlement » du Canada. En tant que société privée, la CDS n’est pas tenue de se conformer aux exigences de déclaration et de gouvernance imposées aux sociétés publiques. En conséquence, les statistiques de la CDS - dont les actions, comme celles de la DTCC, sont étroitement détenues par des banques privées et des sociétés d’investissement - sont au mieux sommaires et ne permettent aucune comparaison directe avec la DTCC « en raison des différences de systèmes et de processus ».

Nous savons que sur les 62 millions de transactions privées de CDS en 2004, 48 millions (77%) étaient des transactions nationales - avec une valeur estimée à 65 billions de dollars canadiens. La valeur en dollars des 14 millions de transactions « transfrontalières » américaines (disons, 20 % du total des transactions) n’est pas révélée mais, par extrapolation, elle serait proche de 20 000 milliards de dollars canadiens, pour un total de transactions privées d’environ 85 000 milliards de dollars canadiens !

Aucun chiffre détaillé n’est disponible auprès de la CDS concernant les titres du gouvernement canadien (municipal, provincial ou fédéral), mais les comptes publics du Canada montrent qu’en 2004, la dette accumulée du gouvernement fédéral a dépassé 500 milliards de dollars, (« réduite » par une comptabilité créative, le « déchargement » des sociétés d’État au prix de la vente au rabais et les ventes mal annoncées de nos réserves nationales d’or). Si l’on ajoute à cela les dettes de la province de plus de 250 milliards de dollars et les dettes municipales d’environ 65 milliards de dollars, la dette de l’ensemble du gouvernement canadien s’élève à 860 milliards de dollars ; environ 835 milliards de dollars (97%) de cette somme ont été levés sur les marchés obligataires du Canada et des États-Unis. Et aucune de ces dettes n’est remboursable dans le cadre de notre système actuel de remboursement de la dette !

La valeur totale des titres canadiens négociés par l’intermédiaire de la DTCC en 2004 - tant privés que publics - était donc de l’ordre de 86 billions de dollars (86 000 000 000 000 000 $), ce qui représente un montant stupéfiant, si l’on tient compte des deux transactions, une entrée et une sortie. Cela représente un pourcentage réaliste de 8,6 % des activités mondiales de la DTCC.

ALORS, OÙ EST PASSÉ TOUT NOTRE ARGENT ?

Nous vivons dans un monde de richesses infinies si nous exploitons intelligemment les ressources de la planète. Nos matières premières sont fournies par la nature, essentiellement gratuitement. Nous disposons des connaissances, des compétences, de la sagesse et de la technologie nécessaires pour préserver notre environnement et assurer une bonne vie à tous les habitants de la planète. Pourtant, ces dernières années, des millions de personnes dans le monde ont perdu toutes leurs économies. Des milliards de personnes travaillent dur mais vivent dans un désespoir tranquille, proche de la pauvreté tout en vivant dans l’abondance. De grandes entreprises au Canada, aux États-Unis et en Europe font faillite, ferment des usines et poussent les travailleurs au chômage alors qu’elles exportent des emplois, des compétences et des profits vers des pays comme la Chine, la Corée du Sud et l’Indonésie. Des dizaines de milliers d’étudiants, de personnes âgées, de propriétaires, d’entreprises et de sociétés ont fait faillite et le désordre social est en hausse.

Les gouvernements, pris dans une « course vers le bas », nous ont menti, réduit les services, augmenté les impôts et vendu des biens publics, dont la plupart des réserves d’or de nos pays, à des prix dérisoires. (Le dernier classement du Canada sur la liste des détenteurs officiels d’or dans le monde est le 79e, juste derrière le Bangladesh et devant Aruba ! Nous étions autrefois dans les six premiers)

Ils ont permis à l’eau potable de devenir une « marchandise » à but lucratif et ont donné le pouvoir sur le génie génétique - les éléments constitutifs de la vie - aux forces obscures qui contrôlent maintenant nos finances et notre avenir ! En fait, les principaux maux de notre époque, de la pollution de l’environnement et de l’escalade de la guerre en Irak à la criminalisation de la dissidence, en passant par le dopage pharmaceutique et l’abrutissement de nos enfants, trouvent leurs racines dans les machinations du pouvoir de l’argent.

L’agenda mondial est maintenant rédigé non pas par nos politiciens élus, mais par les prêteurs privés représentés par le FMI, la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux et les ONG qu’ils ont engendrées comme les Bilderbergers, la Commission trilatérale, le CCR, l’OMC et bien d’autres.

Depuis le début des années 60, les réformateurs monétaires se posent la question suivante : "Si chaque nation de la planète est à la fois profondément endettée et non remboursable, où est tout l’argent ? La simple logique veut que ce soit dans le secteur bancaire lui-même, mais ce n’est que maintenant que nous commençons à réaliser pleinement comment le jeu se joue et à quel point nos actifs durement gagnés, accumulés sur de nombreuses générations, ont été détournés par les prêteurs d’argent.

FTT (TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES) - VERS UNE SOLUTION SIMPLE

Les taxes ont été conçues à l’origine pour fournir aux gouvernements les fonds dont ils avaient besoin pour « gérer le pays ». Aujourd’hui, les agences fiscales perçoivent des impôts principalement pour garantir les calendriers de remboursement de la dette publique accumulée et due aux banques privées. À l’instar d’autres pays, les 36 milliards de dollars dépensés par Ottawa au titre des frais de la dette sont de loin les plus importants de toutes les dépenses de notre gouvernement fédéral. L’ironie tragique est que cette dette est presque entièrement constituée de monnaie électronique créée par les prêteurs, de façon inconstitutionnelle, à un coût pratiquement nul.

Comme un débiteur désespéré qui essaie d’emprunter sur la dernière carte de crédit d’une grande collection qui, autrement, aurait atteint son maximum, notre dette nationale brute est, de façon réaliste, non remboursable, et pourtant nos gouvernements ont hypothéqué nos biens et ceux de nos enfants tout en suivant une politique de « vente, emprunt, imposition et dépense ».

Non seulement une taxe sur les opérations de change de type Tobin, mais une simple et véritable taxe de 0,1 % sur chaque transaction financière permettrait, dans notre pays endetté, de fournir tous les fonds nécessaires pour revitaliser nos communautés et restaurer notre économie nationale. En tant que texte législatif d’une seule page en « non-juridique », n’autorisant aucune exception ni échappatoire, il pourrait à terme rendre superflues toutes les autres formes d’imposition !

Qui est mieux équipé que les banques elles-mêmes pour percevoir une simple taxe sur les transactions financières (TTF) à verser directement au Trésor public de notre pays, sous le regard attentif du public (et de l’ARC) ? Bien moins complexe que les structures fiscales actuelles, la technologie sophistiquée actuellement utilisée par les secteurs bancaire et financier est bien capable de gérer ce processus simple automatiquement à chaque transaction bancaire. La capacité de distribuer ces fonds aux communautés et aux provinces deviendrait une partie importante du mandat de nos ministres des finances provinciaux et fédéraux.

À 0,1 %, la TTF proposée est un pourcentage minuscule par rapport aux taxes de vente actuelles ou aux niveaux de l’impôt sur le revenu des sociétés et des particuliers mais, étant donné l’ampleur de la source, elle pourrait rapporter au Trésor canadien quelque 86 milliards de dollars par an rien qu’en transactions de sécurité. Si l’on ajoute à cela les 0,1 % de recettes annuelles totales de la TTF provenant de plus d’un milliard de transactions par carte de crédit, 82 millions de transactions par carte de débit et 200 millions de transactions bancaires en ligne, pour un revenu brut prévu de la TTF approchant les 100 milliards de dollars, on peut voir comment, en un an, l’impôt sur le revenu des personnes et des sociétés, la TPS et toutes les taxes de vente provinciales pourraient commencer à être progressivement réduits et finalement totalement remplacés par les recettes de la TTF.

(Voir taxe Milligan)

2 à 3 milliards de dollars seraient économisés en réduisant la taille de l’Agence du revenu du Canada (ARC), en la réorientant vers la garantie que les banques et les établissements financiers respectent leurs obligations légales et en réduisant les tactiques de harcèlement que les agences fiscales emploient pour intimider les personnes les moins aptes à payer alors que les super riches restent exonérés d’impôts. Ceux qui spéculent sur les marchés des actions et des obligations, des produits dérivés, des swaps et des contrats à terme de marchandises (97 % des participants) devraient simplement voir ce que c’est : une taxe sur les jeux de hasard ! Même les rares personnes qui peuvent prétendre à une véritable participation à ces marchés en viendraient à apprécier les avantages globaux de l’introduction de la TTF tout en s’orientant vers l’élimination totale de toutes les autres formes d’imposition.

Ce n’est pas la solution finale, mais elle mettrait fin à la tragique hémorragie de la richesse de notre nation jusqu’à ce que le droit de créer de l’argent canadien soit retiré aux banques privées avec leur système d’usure intégré et rendu à notre gouvernement élu, auquel il appartient constitutionnellement.

Le destin nous appelle à lancer un âge d’or - un âge des lumières comme aucun autre dans les annales de l’histoire de l’humanité. Mais nous devons d’abord nous libérer, nous et nos enfants, des chaînes de l’esclavage de la dette !
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