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L’abolition des banques centrales est vital pour l’économie de la planète

mercredi 13 mai 2026

Si l’objectif des banques centrales devait être de réguler l’inflation et de compenser les crises, leur objectif est une totale faillite voir une imposture.
Le Traité de Maastricht a généralisé le modèle allemand de banque centrale indépendante.
En août 1993, le Parlement français a adopté la loi donnant son indépendance à la Banque de France sous la volonté d’Édouard Balladur, un européiste convaincu et un mondialiste d’arrière-salle.
La disparition dans les années 1980 de l’inflation y a été obtenue grâce à une restriction systématique du crédit.

Si le crédit est l’indépendance des banques centrales, il faut se poser la question sur la maîtrise de nos dépenses et pourquoi on a décidé de laisser filer les déficits budgétaires. Ainsi, la BCE et l’euro, sont devenus les véritables maîtres de nos économies.

Dans les années 1990, la lutte contre l’inflation sort du champ d’action des gouvernements et devient du seul ressort des banques centrales. Elles deviennent indépendantes des institutions politiques pour conduire la politique monétaire.

Si l’inflation des années 70 a été le moteur de ces décisions de mener à l’indépendance des banques centrales, les monnaies n’ont jamais cessé de baisser à partir du moment que le crédit explosait.
La généralisation des ouvertures de comptes bancaires scellait le sort de notre épargne comme garantie de fabriquer de l’argent sorti de nulle part.

Les banques centrales ont détruit notre économie en favorisant le secteur des services et en détruisant l’agriculture et l’industrie qui restent des facteurs réels de croissance productrice.

FR

Abolir les banques centrales est une nécessité absolue.

La plus vieille banque centrale du monde, la Riskbank, fût créée en 1668, en Suède. La Banque d’Angleterre suivit, en 1694. La Banque de France vît le jour en 1800 tandis que la plus puissante des Banques Centrales aujourd’hui, la Réserve Fédérale aux USA, fut portée sur les fonds baptismaux à la fin de 1913.

La thèse que je vais défendre dans ce papier est que les banques centrales de nos pays n’ont fait que des dégâts depuis un siècle, ne servent plus à rien et devraient donc être fermées.

Pour expliquer cette position, il me faut d’abord expliquer pourquoi elles ont été créées.

Revenons en arrière, au début du capitalisme et donc à mon schéma de base où coexistent trois acteurs (voir Des Lions menés par des Anes pour plus de détails).

  • Le rentier, qui ne veut pas perdre d’argent et qui dépose cet argent à la banque
  • Le banquier, qui reçoit ces dépôts et garantît leur remboursement en mettant en face son capital, investi en or.
  • L’entrepreneur, qui a toujours besoin d’argent et dont tout le monde sait qu’il peut tout perdre.

Comme chacun peut le comprendre, le rôle du banquier est d’intermédier le risque de la faillite de l’entrepreneur entre le rentier et l’entrepreneur. Le banquier devra donc prêter à 6 % à l’entrepreneur, tout en versant 2 % au rentier, la différence de 4 % servant à faire tourner sa boutique et à couvrir les pertes des entrepreneurs qui ne pourraient pas le rembourser.

Cela, chacun peut le comprendre.

Mais ce coquin de banquier a une autre flèche dans son carquois. Assez rapidement, il se rend compte que tous les déposants n’ont pas besoin de leur argent en même temps et que seulement 10 % d’entre eux réclament du cash à tout moment.

Et donc, le banquier va se transformer en vil spéculateur : il va accorder 10 fois plus de prêts qu’il a de dépôts. En fait, il se met à créer de la monnaie, ce qui amène à ce qu’il est convenu d’appeler le cycle du crédit.

Car cette monnaie nouvellement créée se transforme en dépôts chez lui ou chez ses concurrents, ce qui permet aux taux d’intérêts de baisser et donc à plus d’entrepreneurs d’emprunter, ce qui créée plus de dépôts et ainsi de suite, et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais, à chaque cycle arrive un moment où des affaires font faillite, ce qui amène à une baisse des fonds propres du banquier, qui demande aux autres entrepreneurs de le rembourser, ce qu’ils ne peuvent pas tous faire, ce qui amène à de nouvelles faillites, la masse monétaire se met à baisser, les taux réels montent brutalement ce qui entraine à de nouveaux dépôts de bilan, les banques elles même commencent à sauter comme des bouchons, les épargnants retirent leur argent de la banque, des affaires parfaitement saines disparaissent brutalement et une déflation- dépression se met en place qui d’habitude dure une dizaine d’années

Et c’est à cause de ce cycle du crédit que les banques centrales ont été créées pour remplir deux rôles.

  • Vérifier que les fonds propres des banques sont au minimum à 10 % des prêts consentis à tout moment.
  • En cas de crise de liquidité, fournir des liquidités aux banques commerciales en escomptant les créances qu’elles détiennent sur les entrepreneurs, ce qui permet aux banques de ne pas sauter pendant les paniques bancaires.

Les banques centrales ont donc deux fonctions, surveiller les banques commerciales et fournir de la liquidité en cas de crise.

Leur pouvoir alors dépendait absolument du stock d’or qu’elles détiennent puisque c’est ce stock d’or qu’elles prêteront aux banques commerciales en cas de besoin.

Si ce stock d’or est insuffisant pour faire face à la crise de liquidité, alors elles devront emprunter de l’or auprès d’autres banques centrales et c’est ce que fît une ou deux fois la banque d’Angleterre en empruntant de l’or à la Banque de France à la fin du XJX -ème siècle.

Le plus souvent, ces banques centrales étaient de droit privé et n’avaient rien à voir avec l’Etat.

La banque centrale était donc à la fois un outil d’audit et une mutuelle d’assurance.

Arrive le XXe siècle, le siècle des totalitarismes, des guerres mondiales et du social clientélisme.

Les besoins financiers des Etats explosent, et bien entendu, le contrôle de la monnaie, et donc des banques commerciales et des banques centrales passent à l’État.

Et ce qui devait arriver arriva. La monnaie n’est plus créée pour financer des investissements mais pour servir les besoins de l’Etat et ces prêts ne sont jamais remboursés à la différence des prêts au secteur privé.

La masse monétaire explose à la hausse et la hausse des prix suit.

Bientôt, il faut couper le lien entre la valeur de la monnaie et l’or, les monnaies deviennent des monnaies « FIAT » n’ayant de valeur que les unes par rapport aux autres. Le cours de l’or, quant a lui, passe au travers du toit.

Et c’est là que rentrent en jeu les Lois dite de Sowell

La première Loi (de l’économie) est qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde.
La deuxième Loi (de la Politique) est de ne pas tenir compte de la première Loi de l’économie.

Et comme augmenter les impôts est impossible si le politicien cherche à se faire réélire, il lui faut promettre l’impossible pour être élu et la solution est de fabriquer de la monnaie à la place de créer de la valeur, en créant de la dette qui sera achetée par la banque centrale, la hausse de la dette permettant de financer toutes les dérives dues aux guerres et au social-clientélisme.

Et du coup, les monnaies Fiat qui devraient avoir trois fonctions, moyen d’échange, étalon de valeur et réserve de valeur perdent d’abord leur fonction de réserve de valeur avant de perdre la deuxième fonction, celle d’étalon de valeur et cela se termine en général avec le refus d’utiliser la monnaie dans les transactions, c’est-à-dire la perte de la troisième fonction.

C’est ce que s’attache à montrer le graphique ci -dessous.

Imaginons que mon grand père ait mis dans son coffre il y a cent dix ans 100 dollars en billets de banque et la contrevaleur de 100 dollars en pièces d’or. Si je déflate la valeur des deux aujourd’hui par l’indice des prix de détail américain, mes cent dollars en billets, ont aujourd’hui un pouvoir d’achat de 3. 2 dollars, tandis que mes pièces d’or valent 345.6 dollars, toujours en pouvoir d’achat.

Le billet a perdu 99 % de sa valeur par rapport aux pièces.

Et cela s’est passé lentement et par étapes

  • 1934 : Interdictions aux Americains d’acheter de l’or et dévaluation du dollar par Roosevelt, ce qui était une décision doublement imbécile puisqu’elle réduisait la liberté économique de chaque américain et que les USA avaient une balance commerciale massivement excédentaire. Dévaluer, c’était donc envoyer tous les autres pays en dépression, ce qui eut lieu bien entendu. La guerre suivit.
  • 1972 : Nixon casse le lien entre le dollar et l’or. Le dollar commence à s’effondrer. contre l’or.
  • 1978-2007. Bref répit avec Volcker et Greenspan qui remettent des taux réels positifs sur le dollar, qui remonte très fort contre l’or.
  • La Bundesbank, qui était un peu la statue du commandeur dans l’ordre monétaire mondial, perd tout pouvoir avec l’Euro et Draghi finit de détruire la fonction de réserve de l’euro en mettant des taux négatifs, ce qui arrange bien les banques d’ affaires américaines, et qui permet à l’Etat US et aux Etats Européens de se livrer à une vraie orgie d’endettement.

Conclusion

« L’or c’est de la monnaie, tout le reste c’est du crédit » disait John Pierpont Morgan.

Si je fais l’hypothèse que l’or ne change pas de valeur et qu’un gramme d’or vaut toujours un gramme d’or, alors cela veut dire que depuis la création de la Fed en Novembre 1913, le dollar en tant que réserve de valeur a perdu 99 % par rapport a l’or. Ce n’est donc plus une réserve de valeur crédible. Voila qui entraine à terme la disparition de la deuxième fonction. Déjà, les pays exportateurs de pétrole demandent à être payés en autre chose que du dollar, ce qui veut dire que le dollar cesse également d’être un étalon de valeur. L’étape finale est bien entendu que le dollar cesse d’être un moyen d’échange, ce qui se traduira par une fuite devant la monnaie et une hyperinflation galopante.

Que faire ? A mon avis, le plus simple est de fusionner les banques centrales avec les ministères des finances, pour en finir une fois pour toute avec la fiction de l’indépendance des banques centrales et de bannir dans la foulée tout déficit budgétaire par des lois constitutionnelles, tout en interdisant aux banques commerciales d’acheter des obligations d’Etat.

Je ne sais pas si cela marcherait, mais je sais que les banquiers centraux ont fait des dégâts monstrueux depuis un siècle et que voir se pavaner ces incompétents ne peut que créer de la colère chez les populations.

Le message des cent dernières années est très clair : la monnaie est une chose trop sérieuse pour en laisser le contrôle à des banquiers centraux. Il nous va falloir trouver une autre solution. Les essais par les BRICS de créer une monnaie alternative et l’émergence du Bitcoin sont la preuve que de nouvelles forces sont en train d’entrer en jeu. Le combat sera long, mais l’issue en est certaine, puisque la liberté l’emporte toujours sur la contrainte.

En attendant, n’ayez rien dans vos portefeuilles qui dépendent de la garantie d’un Etat de l’ÓCDE, rien.

Charles Gave

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