Geopolintel

Comment fêter Noël en réanimation en étant triplement vacciné ?

mardi 28 décembre 2021

L’histoire que nous allons vous raconter repose sur le témoignage d’une fille qui a dû passer les fêtes de Noël aux urgences avec son père victime d’une forme sévère de Covid tout en étant triplement vacciné.
Actuellement, il récupère grâce à ses proches qui ont organisé une « chaîne humaine » pour le soutenir, sans eux et à l’isolement il aurait pu lâcher, et se laisser mourir.

Comme chaque fin d’année, Georges K 75 ans, se rend au loto de son village, accompagné de ses amis et anciens coéquipiers de l’équipe de football locale. Les fêtes de fin d’année sont difficiles, il a perdu son épouse dans un violent accident de voiture en 2001. Sa seule « liberté », c’est sa vie sociale, il a choisi le vaccin pour « continuer » à vivre malgré les restrictions sanitaires qui nous sont imposées.

Les lotos traditionnels sont soumis à un protocole sanitaire y compris dans son village, Georges aime s’y rendre pour rencontrer les anciens et ceux qu’il a perdus de vue. Les événements organisés dans des Établissements recevant du public (ERP), types salles municipales ou salles des fêtes, sont soumis au passe sanitaire.
Pour participer à un loto, les personnes doivent présenter un passe sanitaire valide (certificat vaccinal complet, test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures ou attestation de rétablissement du Covid-19 de moins de six mois).
Georges est conforme à la règlementation, il a ses trois vaccins et sont QR code, le loto s’est déroulé le 19 décembre 2021.

Trois jour plus tard, Georges ressent une intense fatigue et passe sa journée au lit, il a le nez qui coule et n’a pas faim. Le 24 au matin il est très fatigué et a du mal à respirer. Il ne mange plus et n’a plus de goût ni d’odorat. Sa fille suspecte un Covid malgré sa vaccination, mais se sent rassurée puisque « le vaccin protège des formes graves » nous dit-on. Elle décide tout de même de l’amener aux urgences de l’hôpital et demande à ce qu’il soit transféré dans la clinique qui le suit pour des antécédents cardiaques. La clinique a décliné sa demande et Georges se retrouve encore aux urgences sur un brancard, ce soir là c’est saturé de gens avec de multiples pathologies.
Il intègre le service pneumologie sans éveiller l’inquiétude des médecins en raison de son plan vaccinal à trois doses. Mais la nuit se passe mal, il a besoin d’être mis sous respirateur, son état commence à se dégrader.
Le médecin en chef commence à investiguer l’origine de sa pathologie et constate qu’il a bien un Covid, c’est un variant Delta qui lui a été transmis pendant qu’il participait au loto de son village. Georges a été contaminé le soir du 19 décembre. En recherchant qui aurait pu être à l’origine de cette contamination, on trouve les amis de Georges, tous vaccinés triple dose.

Conclusion : triplement vaccinée une personne peut transmettre le variant Delta et occasionner une forme grave de Covid à un malade lui aussi triplement vacciné.

Georges a été transféré dans une unité de réanimation dans une grande ville, et reçoit les soins appropriés accompagné de vitamines C et D ainsi que du potassium. Il a perdu huit kilos en une semaine et commence à récupérer l’odorat, le goût et l’appétit.

Coronavirus : pourquoi les établissements de soins privés sont restés en deuxième ligne

Dans la crise sanitaire actuelle, la collaboration entre hôpitaux publics et privés n’a pas été tout de suite opérationnelle. Si le privé est de mieux en mieux intégré au dispositif, il reste surtout utilisé en renfort.
Pourquoi la collaboration a été lente à mettre en place : Le poids des habitudes
S’ils ont des missions communes, les systèmes de soins public et privé cohabitent mais ne travaillent pas forcément ensemble, chacun ayant ses spécialités. Le privé (très présent dans le sud de la France) fait davantage de chirurgie, et le public davantage de médecine. Ce dernier prend d’ailleurs en charge la majeure partie de l’activité de médecine d’urgence.

  • « La clinique n’est pas en capacité d’ouvrir des lits de réanimation puisque cette spécialité requiert une autorisation, des médecins spécialisés, du personnel formé »
  • « Dans les plans de gestion des crises sanitaires, les hôpitaux publics, qui disposent de moyens plus importants et prennent généralement en charge les accidents les plus graves, sont toujours en première ligne, et les cliniques en deuxième ligne » Frédéric Valletoux président de la Fédération hospitalière de France (FHF, hôpitaux publics).
  • « Il n’y a pas les réseaux de contacts comme on a dans le public, où chacun a son réseau habituel, abonde Thierry Amouroux, du Syndicat national des professionnels infirmiers. Quand on manque de lits, on appelle tel cadre infirmier ou tel médecin dans tel établissement, pour demander “est-ce que tu peux prendre quelqu’un ?” mais on n’appelle pas le privé. Ils ne sont pas dans nos carnets d’adresses. Là c’est en train de changer. »
  • Les autorisations de l’ARS
    Selon la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), qui a fait le décompte, depuis le 20 mars 2021, 99 autorisations dérogatoires de réanimation ont été délivrées au privé (dont 64 au privé lucratif et 35 au non-lucratif) ; une nette augmentation des capacités par rapport aux 298 sites autorisés avant la crise… mais qui a pris un peu de temps.

Même si le processus a été accéléré, il reste obligatoire d’obtenir une autorisation de l’ARS pour la création, la conversion et le regroupement des activités de soins (quel que soit le type de soins). Certaines cliniques privées ont ainsi bénéficié d’une autorisation dérogatoire pour l’augmentation ou le déplacement de leurs services de réanimation « lorsque cela était possible et en sécurité », indiquent les ARS. D’autres établissements, moins équipés, ont reçu l’autorisation d’accueillir des « soins continus » (le stade intermédiaire entre les soins classiques et la réanimation).
Des solutions alternatives sont également testées : l’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi rendu possible le rapprochement de structures de statut différent (public, privé, privé non lucratif) afin de mutualiser leurs forces dans une seule unité de soins continus « upgradée ». L’objectif : ne pas multiplier les lignes de garde, concentrer les forces sans démultiplier les sites d’accueil.

Le Monde

Fédération de l’hospitalisation privée
Paris, le 8 décembre 2021 – FHP

Depuis près de deux ans, les établissements privés ont toujours répondu présents !

• Présents lors de chacune des vagues pandémiques pour les malades du Covid comme pour les autres malades qui représentent 97 % des patients,
• Présents dans chaque territoire pour organiser les soins avec les autres opérateurs de santé sous l’égide des Agences Régionales de Santé
• Présents pour la vaccination contre le covid et contre la grippe
• Présents et force de propositions pour le Ségur

La pandémie a en effet démontré d’une manière impérieuse que sans coopération, sans synergie entre les acteurs de santé et de soin sur les territoires, il n’y a pas de salut. Nos établissements ont pris en charge sur les territoires en tension plus de 25% des patients en réanimation. Sans nous, le système se serait effondré car les hôpitaux publics auraient été dans l’incapacité de prendre en charge ces patients. En début de 5e vague, il nous faut collectivement, dépasser les cloisonnements et les rigidités, et nous dépasser pour les patients.

Malheureusement, force est de constater que la confiance, la responsabilisation et la reconnaissance qui ont prévalu de la part du gouvernement en 2020 disparaissent progressivement en 2021 !

Déjà les revalorisations des personnels qui pourtant soignent les mêmes malades ne sont pas équitables entre le public et le privé. Le financement accordé pour les soignants du privé déjà moins bien rémunérés contrairement à l’idée reçue est systématiquement inférieur en 2021 à celui du public.
De plus, aujourd’hui la mesure envisagée sur les tarifs inquiète grandement la Fédération de l’Hospitalisation Privée. Elle regrette que l’engagement de l’état inscrit dans le protocole pluriannuel de financement et dans les financements de la campagne 2021 puisse être remis en question. Après 3 ans de hausses de tarifs, le ministère de la santé envisage en effet de revenir sur la hausse de 0,2% de nos tarifs hors Ségur décidée début 2021 ne restituant pas la mise en réserve prudentielle comme il devrait le faire. Cette mesure de non-restitution se traduirait par une baisse de 0,5% de nos tarifs pour 2021.

Pour Lamine Gharbi, Président de la FHP « Au lendemain de la signature d’un nouveau protocole avec le ministère sur les réformes du financement, un courrier, du ministre Olivier Véran, nous annonce l’intention de baisser nos tarifs ! C’est d’autant plus incompréhensible que nous ne disposons d’aucune justification chiffrée !
Je connais le total engagement de nos responsables d’établissements et de tous nos soignants sur le terrain. Comment pourraient-ils comprendre cette demande d’une économie de 90 millions d’euros en pleine reprise de la pandémie ? Je ne doute pas que le ministre, qui a montré son soutien aux établissements de santé depuis le début de la crise sanitaire, sera sensible à notre appel unanimement exprimé aujourd’hui lors de notre Assemblée Générale et qu’il reviendra sur ce projet qui correspond à une baisse importante de nos tarifs alors même que nos établissements sont percutés par la reprise de l’inflation »

Et le président de la FHP conclut :

« En cette fin d’année et à chaque fois que cela sera nécessaire, nous serons encore présents comme nous l’avons toujours été, mais nous n’accepterons pas une baisse de nos tarifs alors que l’hôpital public a perçu ou va percevoir plus de 20 milliards d’euros. Nous demandons l’équité de traitement et le respect des engagements ! Le ministre doit entendre nos difficultés qui sont les mêmes que celles de l’hôpital public. En cette période de crise, nous connaissons les mêmes tensions avec nos soignants. Le gouvernement peut compter sur nous mais il faut que ce soit réciproque ! »

—  0 commentaires  —

© Geopolintel 2009-2021 - site réalisé avec SPIP - l'actualité Geopolintel avec RSS Suivre la vie du site