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Jeffrey Epstein, la CIA et le Mossad, impliqués dans le scandale Iran Contras

dimanche 8 février 2026

L’ascension fulgurante d’Epstein provient de son rôle de trafiquant d’armes dans l’affaire Iran Contras. Jeffrey Epstein a aidé Leslie Wexner (Victoria Secret)à réutiliser les avions Iran-Contra de la CIA, qui servaient auparavant au trafic d’armes, pour transporter de la lingerie, des mannequins et des enfants.

« The October Surprise » est le surnom donné à la libération des 56 otages américains détenus depuis novembre 1979 à l’ambassade des États-Unis en Iran.

Quelle sera « l’October Surprise » de Trump pour cette année ?
Surement les révélations des fichiers Epstein qui ne concernent pas que le trafic d’enfants.

Rappel historique

Un avion de Southern Air Transport a été abattu au-dessus du Nicaragua en octobre 1986, le monde a eu un aperçu rare des activités secrètes du gouvernement américain. Southern Air Transport a été fondée en 1947 en tant que petite compagnie aérienne de fret, la même année où l’Office of Strategic Services est devenu la Central Intelligence Agency, alors que les États-Unis se préparaient à la guerre froide. L’agence a détenu la compagnie aérienne de 1960 à 1973, date à laquelle elle a été vendue à Stanley Williams, qui dirigeait l’entreprise depuis l’administration Kennedy.

Le crash de l’avion et le témoignage de son seul survivant, Eugene Hasenfus, ont mis au jour le scandale connu sous le nom d’Iran-Contra. À l’aide des avions de Southern Air Transport, la CIA expédiait des armes en Iran, en passant par Israël comme intermédiaire, et utilisait les profits pour armer les Contras contre le gouvernement nicaraguayen de gauche.

Bear Stearns

L’emploi de Jeffrey Epstein chez Bear Stearns dans les années 1970 était une arnaque dès le départ, avec l’absence de diplôme universitaire et une fausse déclaration concernant son parcours scolaire. Il a commencé au plus bas de l’échelle pour ensuite conseiller les clients les plus fortunés. En très peu de temps il est devenu associé grace à ses relations secrètes avec les dirigeants de la banque qui participaient à du trafic. Il a quitté la banque aussi discrètement qu’il en est entré pour participer aux autres trafics que sa mission lui demandait avec la participation de la banque BCCI.

Ce schéma démontre comment Epstein, le Mossad et la CIA ont toujours utilisé les mêmes acteurs, dont Epstein pour le trafic d’armes, la drogue et enfin les enfants.

Irangate

L’origine de l’irangate se trouve avant l’entrée en fonction de Ronald Reagan et la prise en otage des américains par des Iraniens. Dans la course à la présidence, la libération des otages représentait un avantage important. L’équipe de Reagan, Casey et Bush sont entrés en contact avec le premier ministre Iranien Bani-sadr. Lors d’une réunion à Paris, ils proposèrent d’échanger les otages contre des armes pour la guerre contre l’Irak. Ce fut un échec. Ceux qui avaient pris l’ambassade américaine à Téhéran ont refusé leur libération. Les otages furent libérés le 20 janvier 1981. Après la capture de William Buckley, chef de la CIA pour le Moyen Orient et d’autres américains par des terroristes proche du Hezbollah. L’Iran soutenait les preneurs d’otages et était le seul pays à pouvoir faire le lien entre eux et les États-Unis. Des armes contre des otages. Le chef de la maison blanche signa le 17 janvier un "finding’’ autorisant les livraisons d’armes à l’Iran. Août 85, 96 missiles tow furent cédés par l’intermédiaire d’Israël mais aucun otage libéré. 1,2 million de dollars furent déposés dans un compte en banque suisse. En septembre 408 missiles ont ététransféré en échange d’un otage. Deux mois plus tard 80 hawks devaient être vendus en échange de un million de dollars. 68 ne furent jamais livrés et 850000 dollars allèrent directement au soutient des Contras. Les intermédiaires lésés menacèrent de rendre l’affaire publique.
Le trafic dut s’intérompre avec la publication de l’affaire dans un journal Libanais en novembre 1986. La fuite avait sûrement été organisée par des responsables iraniens en opposition avec la politique de négociation du gouvernement

BCCI

Au début des années 80, les dirigeants de la « Banque du Tiers Monde » croisent la route du Colombien Pablo Escobar, numéro un du cartel de Medellín. Celui-ci croule littéralement sous la masse des bénéfices engrangés (en cash) grâce au commerce de la cocaïne, et doit absolument trouver une solution efficace pour recycler cet argent. La BCCI, de son côté, est à la recherche de liquidités. La banque pakistanaise va donc relever le défi : au fil des ans, elle détournera l’ensemble des techniques financières existantes au profit d’opérations de recyclage des narcodollars colombiens. Pablo Escobar n’en sera pas le seul bénéficiaire...

La Bank of Credit and Commerce International compte en effet dans sa clientèle une belle brochette de dictateurs : le Panaméen Manuel Noriega, titulaire de neuf comptes ; le Philippin Ferdinand Marcos ; le Haïtien « Bébé Doc » ; ou encore l’Irakien Saddam Hussein. La BCCI entretient aussi des relations fructueuses avec le marchand d’armes saoudien Adnan Kashoggi, l’OLP de Yasser Arafat, le terroriste dissident de l’OLP Abou Nidal, le Mossad, les gouvernements chinois, argentin, libyen, saoudien, syrien, péruvien... Beau linge !
La BCCI s’est livrée à une vaste opération de dissimulation, cachant ses services bancaires illégaux en incluant des prêts fictifs dans ses comptes. De plus, les dirigeants de la BCCI ont utilisé d’anciens chefs d’État pour faire avancer leurs activités frauduleuses. Ils ont également soudoyé des fonctionnaires afin d’étendre l’influence de la banque à travers les États-Unis et d’échapper aux enquêtes gouvernementales. Lorsque la banque s’est effondrée, 20 milliards de dollars avaient disparu et les déposants avaient été escroqués. Cette opération lie la BCCI et la CIA, Abu Nidal, le Mossad, Andrew Young, Jimmy Carter, Manuel Noriega, Clark Clifford et Robert Altman, et le rôle joué par la Réserve fédérale et Price Waterhouse.
Les services secrets américains, pour leur part, ont utilisé les services de la banque d’Abedi pour faciliter le financement de la Contra nicaraguayenne ; ils ont opéré des ventes d’armes à l’Irak, à l’Iran ou aux Moudjahidin afghans en lutte contre l’Armée rouge... Des affaires, on le comprendra quelques années plus tard, qui n’étaient pas si éloignées que ça. « L’Irangate » et le « Contragate », par exemple, ne constituaient que les deux faces d’une même médaille. Les ventes d’armes à l’Iran permettaient en effet à Washington de financer la contre-révolution au Nicaragua.

D’un côté, à partir de 1984, l’administration américaine a vendu des armes à l’Iran, alors qu’officiellement elle cherchait justement à l’époque à en dissuader ses alliés. La relation « adultère » entre Washington et le régime des mollahs s’était établie avant même l’arrivée de Reagan à la Maison Blanche, au moment de la libération « différée » par l’Iran des otages retenus à l’ambassade américaine à Téhéran, en 1979-80. Ce deal cynique passé par le tandem Ronald Reagan-George Bush, baptisé « October Surprise », prévoyait que les Iraniens attendraient l’issue de l’élection présidentielle de 1980 avant de relâcher leurs otages, ceci afin d’empêcher le président sortant, le démocrate Jimmy Carter, de bénéficier des retombées d’une libération « prématurée ».

Aux États-Unis, l’affaire BCCI donnera lieu à deux procédures judiciaires. La première, à l’instigation du procureur de Tampa (Floride), vise la BCCI Holdings SA (Luxembourg) et ses deux principales filiales, ainsi que huit employés, pour entente délictueuse visant à acquérir et à distribuer de la cocaïne, et pour blanchiment de l’argent provenant du trafic de drogue. Une autre enquête sera lancée par le « District Attorney » (magistrat fédéral) de New York, Robert Morgenthau, aidé de l’un de ses adjoints, le procureur John Moscow. Elle concerne la « corruption d’entreprise » dont s’est rendue coupable la BCCI. Les responsables de la banque sont accusés par Morgenthau d’avoir pris part à un schéma d’activité criminelle caractérisé notamment par « des vols collusoires à grande échelle et à long terme, des plans répétés visant à escroquer les personnes chargées de la réglementation des activités bancaires et les déposants, le dépôt de faux documents auprès de fonctionnaires, la falsification de documents d’entreprise, la corruption, la réception de pots-de-vin commerciaux, le blanchiment d’argent ainsi que l’entente visant à commettre ces délits ».

En clair, durant ses dix-neuf années d’existence, la BCCI a utilisé tous les moyens possibles pour convaincre d’éventuels dépositaires de placer leurs fonds dans ses caisses, malgré son insolvabilité : trucage de comptes, dissimulation d’opérations, création de faux actifs, fausses déclarations de propriété des actions BCCI, corruption... La poursuite de l’hémorragie financière au profit des amis d’Abedi était à ce prix. Parmi les institutions flouées par les manœuvres du gang BCCI figurent notamment le FMI, la Banque mondiale et différentes banques centrales à travers le monde, ainsi que les gouvernements, plus ou moins consentants, de plusieurs États du Tiers Monde : Pakistan, Zambie, Sénégal, Nigeria...

Geopolintel 8 février 2026

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