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Chirac Superdupont

Une vraie-fausse biographie

dimanche 6 octobre 2019

Nous savons maintenant – pour le cas où nous l’eussions ignoré – qu’un super héros à la française, un Superdupont [1] bien de chez nous, corrézien d’adoption de surcroît, vient de s’éteindre dans la consternation générale. Larmes, pleureuses et grandes orgues. Et qui ne voit que la caricature franchouillarde créée par le tandem Gotlib & Lob en septembre 1972 colle presque parfaitement au personnage de Chirac élevé par l’opinion fabriqué post mortem – déjà à travers cette parodie de la sous-culture américaine - au rang de défenseur suprême de la francitude ? Nous n’insisterons pas sur ce que le succès de cette BD a pu, dès l’origine, révéler d’ethnomasochisme, d’appauvrissement intellectuel et de déculturation dans la partie de la jeunesse qui en fit ses délices et la prospérité de ses éditeurs.

Quelques remarques nécessaires quant aux similitudes frappantes entre la caricature anticipatrice de cet acteur majeur de la vie publique que deviendra le Grand Jacques après sa prise à la hussarde de l’UDR (Union des démocrates pour la République) semi moribond en 1976 et dans la foulée, après la fondation du Rassemblement pour la République (RPR). Chirac ne deviendra le Premier ministre de Giscard d’Estaing qu’en mai 1974, soit deux années après la création de Superdupont. Néanmoins, notamment en ce qui concerne le physique du personnage, semble bien s’être inspiré du futur chef d’État dès le début de son ascension politique, celui dont les médias servilement hagiographiques font aujourd’hui une indécente louange posthume, surdimensionnée par rapport aux œuvres et au personnage lui-même, pour ne pas dire excessivement outrancière. Mais à cela les raisons sont multiples et rarement des meilleures.

Chirac calque de Superdupont

Outre le fait de ridiculiser la France de papa [2], celle du béret, de la baguette et du biniou, honnie et méprisée des grands intellocrates à la Bernard-Henry Lévi [3]. De ce point de vue la bande dessinée est assurément idéologiquement proactive et même corrosive. À peine cachée derrière le divertissement, se trouve l’endoctrinement sous couvert d’humour, de dérision mordante, autrement dit le formatage des générations montantes à la haine de l’héritage culturel et des racines sociologiques et historiques de leur pays. Conditionnement préparant ainsi - par un discret travail de sape - le terrain de l’imaginaire collectif à l’arrivée de la Gauche aux Affaires neuf ans plus tard et à ses politiques de déconstruction sociétale systématique… Car tout cela n’est évidemment ni neutre ni anodin, pas plus que le rap aujourd’hui, véhicule d’une haine viscérale de l’aborigène de souche non sanctionnée par les tribunaux de la République Une et Indivisible.

Au demeurant saluons la préscience des auteurs Lob & Gotlib (ce dernier né Marcel Mordekhaï Gottlieb), lesquels avaient en quelque sorte anticipé le chiraquisme en sa quintessence… Rappelons que lorsque nos deux « humoristes » démolisseurs commencent à tourner en ridicule la France profonde (pour la plus grande joie des adolescents post soixante-huitard), Chirac vient tout juste, le 8 juillet précédent, d’être nommé ministre de l’Agriculture. Ce jeune loup aux dents raclant le aux féroces ambitions affectait alors de porter des costumes usagés pour faire peuple afin que les ruraux puissent se sentir en confiance et en familiarité avec cet amateur affiché de bière et de tête de veau. Chirac dans les salons, concours et autres comices agricoles, se vantait d’ailleurs fièrement de « serrer deux mille mains par jour ». Et quoiqu’en disent aujourd’hui ses vils thuriféraires journalistiques, Chirac fut à ce titre, non pas un homme d’État mais un homme de main… Là réside certainement sa vraie nature, celle d’un homme qui ne répugna en aucune circonstances de manger à tous les râteliers – jusqu’à de surprenants conciliabules en coulisses avec le président du Front national [4] - et le secret de sa popularité de façade. Ne dit-on pas qu’il fut le président préféré des Français ? Tout comme il est dit que Jean-Jacques Goldman (demi frère de l’assassin Pierre Goldman ) est la personnalité la plus adulée des mêmes Gaulois supposés réfractaires, mais si peu cartésiens (de nos jours 2+2 font 5 n’est-ce pas ?). Mais en fin de compte qui sonde et qui décide ce que doit être l’opinion, je vous le demande un peu ?

Logique idéologique et programmation du sens de l’histoire

Nos prospectivistes Lob et Gotlib – en vérité de peu de mérite parce que le devenir de nos sociétés était gravé en lettres de feu et depuis des lustres dans les écrits freudo-marxistes de l’École de Francfort, nos scénaristes ne faisant qu’illustrer qu’un grossier programme de déconstruction de nos sociétés… mais plus c’est gros, plus ça passe ! – étaient à l’évidence animés par la logique idéologique à présent dominante. Celle qui commence par le dénigrement et se poursuit par l’arasement de toutes les représentations substancielles de l’ancien monde. Superdupont annonce en ce sens l’actuelle offensive contre la figure du père et l’exaltation du matriarcat primordiale dans les cultures du désert, le règne de la Shekhinah [5]. Implacable logique qui se traduit dans les institutions et nous soumet de facto par « la force injuste de la Loi »1 et les lois scélérates que Chirac cautionnera et couvrira de son autorité présidentielle : la loi Lellouche par exemple promulguée le 3 février 20032 ; celle-ci durcit la loi Fabius-Gayssot et institue un délit d’opinion élargi limitant de façon draconienne la liberté, d’expression et le droit le plus fondamentalement élémentaires à l’information et à la recherche historique. Du passé non formaté, non réécrit de façon ad hoc, faisons table rase.

Nous voyons donc Lob & Gotlib, baliser – en compagnie de l’écrasante majorité de l’intelligentsia dans cette période - le chemin de l’impérieuse bien-pensance désormais imposée à nos politiques sous peine de mort sociale, en dénonçant les anti-valeurs franchouillardes et les Dupont-Lajoie (le mâle blanc quinquagénaire sempiternel prédateur sexuel – film d’Yves Boisset réalisé en 1974). Cela commence par la stigmatisation sans appel de la xénophobie dénoncée comme un sport national, ce Mal français auquel leur modèle de référence, Jacques Chirac, n’échappa pas tout à fait… tant il est difficile d’échapper au réel quelque soit la force de dénégation qui vous anime.

À Orléans le 20 juin 1991 [6], à l’occasion d’un banquet de militants du RPR, sans doute électrisé par la salle et la chaude ambiance, Chirac se laisse aller et trouve des accents à la Georges Marchais (ancien du STO et ci-devant secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994). Il s’emporte et se lance dans une défense et illustration de la condition ouvrière dans les banlieues extraterritorialisées : « L’ouvrier français qui gagne 15.000 francs (approximativement 2900 euros) et voit sur le palier de son HLM un immigré nanti de trois ou quatre femmes, d’une vingtaine de gosses, qui touche plus de 50.000 francs (7600 euros) d’allocations diverses et qui ne travaille pas ; si vous ajoutez le bruit, et l’odeur, le travailleur français devient fou ».

Quelle lucidité de la part de Chirac ! Celle-ci ne sera cependant pas plus suivie d’effet que le « karcher » de M. Sarkozy. « Paroles, paroles… » Mais encore, quelle démagogie : parce que c’est le même homme qui en juillet 1974, chef du gouvernement, avait instauré (le décret d’application n’est pris qu’en avril 1976), le fatal regroupement familial. Le 10 novembre 1977, le nouveau premier ministre, Raymond Barre, suspendra à bon escient et pour trois ans cette disposition contre-nationale. Las, le 8 décembre 1978 le Conseil d’État annule cette décision et consacre le « Droit » au regroupement. Autant dire institue et légalise la submersion du territoire… Ce fut là l’acte fondateur du passage d’une immigration de travail à une immigration de colonisation.

Ajoutons que si Jacques Chirac fut un grand aficionado de Sumo (lutte exotique entre individus atteints de forte surcharge pondérale), par contre, à la différence de son alter ego sur papier glacé, Jacques Chirac ne pratiqua jamais la boxe française pas plus qu’il ne marqua un goût prononcé pour le gros-rouge-qui-tache lui préférant ostensiblement les bocks à faux-col. Plus sérieusement, comment ne pas reconnaître a fortiori le Chirac en devenir, celui de l’Appel de Cochin dans sa dénonciation du Parti de l’Étranger, visage plus ou moins anonyme de l’Anti-France [7] , âme du combat de Superdupont ? En décembre 1978, Jacques Chirac, hospitalisé pour un accident d’automobile, lance son fameux Appel de Cochin qui fera pschitt, comme la plupart de ces sortes de pétitions de principe plus ou moins fracassantes…

Sans doute dans la perspective des élections européennes de 1979, il y dénonce vertement le « Parti de l’étranger », visant implicitement le président Giscard d’Estaing… reste que son propos va à l’évidence beaucoup plus loin : « Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement de la France, le Parti de l’étranger est à l’œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort ». Beaucoup ont vu à ce propos la marque des faiseurs de roi, Marie-France Garaud et Pierre Juillet… mais également la patte du gaulliste de gauche, Philippe de St Robert, chantre de la politique arabe de la France.

Fils de personne

Superdupont serait, suivant ses géniteurs humoristes (au fond des gens se démarquant assez peu des tâcherons en pornographie mondaine de Charlie Hebdo), le fils du Soldat inconnu gisant sous l’Arc de Triomphe (voir supra note 1). Ici la fiction rejoint la réalité parce qu’une rumeur tenace voudrait que Chirac ne soit pas né Chirac mais soit en réalité un enfant adopté. Laissons la parole à cet organe au-dessus de tout soupçon en matière de peopelâtrie qu’est le magazine « Gala » du 3 octobre 2017 [8]… Nous y lisons que le journaliste Arnaud Ardoin dans son livre « Président, la nuit vient de tomber » (2017) évoque le mystère des origines de Jacques Chirac… Une dizaine d’années avant la naissance de Jacques, ses parents (putatifs) eurent une petite Jacqueline. Elle meurt deux ans plus tard. Marie-Louise Chirac ne pouvant plus avoir d’enfant à la suite d’une septicémie, l’auteur conclut en l’impossibilité que Jacques puisse être le rejeton du couple Chirac. Thèse reprise plus tard dans un roman à clef d’Eric Zemmour « L’autre ».

En fait la question avait été posée dès 2001 par Henri de Fersan dans son essai « L’Imposture antiraciste » où l’on pouvait lire que Jacques Chirac « n’est pas le fils d’Abel et Marie-Louise Chirac et n’est pas né le 29 novembre 1932 à Paris… La réalité est (aurait été) connue depuis 1975 et a été révélée par la Gaceta Illustrada, une revue madrilène : Jacques Chirac s’appelle(rait) en réalité Santiago Cordero Marin, il est (serait) né en Espagne le 6 septembre 1934 dans le village d’Albana, dans la province des Asturies. Ce qui explique(rait) qu’il ait accordé la carte d’ancien combattant aux volontaires communistes des Brigades Internationales (un must). Proche du parti communiste (signataire de l’Appel de Stockholm), il passa à droite lors de l’hyménée gaulo-communiste de 1962. Ce point obscur, mais non négligeable, de la biographie de Chirac ne pouvait être omis de citation. Vérifié et exact, il constituerait un extraordinaire marqueur quant à la très cynique capacité de mensonge par omission et falsification, d’absence aussi de professionnalisme (pourtant revendiqué à outrance) de la presse au XXIe siècle.

Il y aurait évidemment très, trop long à dire sur ce personnage trouble que la France est aujourd’hui censée pleurer. On se reportera utilement au texte publié d’Emmanuel Ratier (Facta 1995) « Le Vrai visage de Jacques Chirac ». Le dossier est par conséquent loin d’être clos, nous y reviendrons le cas échéant. Ajoutons pour ne pas conclure que les funérailles quasi nationales du de cujus sont tombées du ciel – une sorte de deus ex machina ! – à point nommé au moment du vote sur la « procréation médicalement assistée » (beaucoup plus importante pour le gouvernement que les cinq millions d’immigrés, clandestins ou non, qui se seront installés en France à la fin du quinquennat)… ou des négociations relatives à l’uniformisation des régimes de retraites, question lancinante pour l’heure mise en épochè (en suspension philosophique). Merci Chirac pour cet ultime service rendu à la République.

Et puis, last but not least, le gigantesque incendie de l’usine Lubrizol, propriété du multimilliardaire américain Warren Buffet, survenu le jeudi 26 septembre à Rouen, lequel reste un mystère, tout comme les origines réelles de Jacques Chirac… dont le parrain fut étonnamment, rappelons-le, l’industriel Marcel Bloch-Dassault ! L’incendie de l’usine chimique aurait pris de façon extravagante près d’une clôture [9] avant de se propager aux installations elles-mêmes – ce qui semble assez improbable – tant et si bien que certains n’hésitent pas à émettre une hypothèse quant à la possible origine criminelle de ce sinistre d’ampleur majeure[Du conspirationnisme cohérent par Crick Nerwald : Lubrisol vu sous l’angle de représailles israéliennes après l’invitation du président iranien Rohani au GT de Biarritz ? La question s’est également posée dans des termes quasi identiques lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris. https://www.youtube.com/watch?v=PbD...]]… Lequel risque de poser à terme autant de questions que dans la tragédie d’AZF du 21 septembre 2001 et de ses trente et une victimes… Des témoins singulièrement crédibles affirment en effet avoir vu un missile filant vers l’usine. Il existe quantité de sortes de missiles, des plus petits aux plus gros… !

Léo Camus, le 29 septembre 2019

Notes

[1Selon le site comicvine.gamespot « Superdupont est le fils du Soldat inconnu gisant sous l’Arc de Triomphe. De quelle manière il acquit ses superpouvoirs et quel est son véritable nom, n’a pas encore été dévoilé. Ce que nous pouvons dire est qu’il est un fervent du patriotisme économique, fume des Gauloises, boit du pichtegorne, est amateur de fromages, spécialement du calendos et refuse d’être portraituré à l’encre de Chine. Il combat âprement un organisation maléfique appelée Anti-France, groupe terroriste voulant la mort de l’Hexagonie. Il est expert de la Savate (la boxe française) et enfin, il peut voler comicvine.gamespot.com/superdupont/4005-31694/

[2Superdupont est affublé de caleçons longs, ces sous-vêtements fort appréciés de nos anciens quand des hivers rigoureux faisaient geler l’eau dans les canalisations des appartements des quartiers populaires de Paris

[3Bernard-Henri Lévy « Je suis un cosmopolite résolu. J’aime le métissage et je déteste le nationalisme. Je ne vibre pas à la Marseillaise ». Le Nouvel Observateur 4 octobre 2007. In « Globe » éditorial 1985… « Bien sûr nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, biniou, bref tout “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger voire odieux ». Il serait intéressant de savoir qui est ce « nous » auquel se réfère ce digne représentant de l’élite cosmopolitiste sachant que dans un discours fameux tenu à Benghazi le 2 avril 2011 après la chute de la Jamahiriya libyenne, il se vantait d’avoir œuvré (en poussant les feux de la guerre) pour sa “tribu”. Trois jours plus tard, lors de la convention nationale du Conseil représentatif des institutions juives de France, il déclarait à nouveau s’être engagé en raison de sa «  fidélité au sionisme et à Israël » revendiquant d’avoir « participé à cette aventure politique… en tant que juif  ». Curieuses contradictions : cosmopolitisme et métissage d’un côté, engagement tribal intransigeant de l’autre !

[4Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a révélé qu’en 1988 il avait rencontré le Premier ministre Jacques Chirac, à deux reprises, avant et entre les deux tours de l’élection présidentielle (nouvelobs.com24janv02). Entretiens ayant eu en principe lieu selon M. Le Pen « parce que Jacques Chirac ayant trahi le programme de la plateforme RPR-UDF de 1986 relative à l’immigration et à la réforme du code de nationalité, je souhaitais savoir si, candidat à la présidence de la République, il entendait maintenir cette ligne-là, ou au contraire revenir à une ligne plus nationale". Naïveté ou complicité ?

[5Selon Israël Shahak, la tradition ésotérique cabalistique veut que « le peuple juif ait été créé pour arranger la rupture provoquée par Adam et Éve, ce qui se réalise l’espace d’un instant sur le Mont Sinaï, où le Fils divin, incarné dans Moïse, s’unit avec la déesse Shekhinah. Hélas, l’idolâtrie du Veau d’Or provoque une nouvelle désunion entre les jeunes divinités… » in « Histoire juive, religion juive » 1994 p.49.

[7Pour l’historien Raoul Girardet (1917/2013), l’expression Anti-France serait apparue à la fin du XIXe siècle dans le contexte de la dénonciation du complot judéo-maçonnique : Juifs et francs-maçons représentent le “parti de l’étranger”, l’incarnation de ce qui va être désigné comme l’Anti-France ». Terminologie reprise par Léon Daudet en 1918 dans son ouvrage « L’avant-guerre : études et documents sur l’espionnage juif-allemand en France depuis l’affaire Dreyfus » dans lequel il écrit : « Il faut qu’on le dise : l’affaire du traître Dreyfus a eu comme premier résultat une première invasion, la formation chez nous d’une anti-France » (p.6).

[8Article repris et commenté par Medias-Presse.Info le 16 oct. 2017 - https://www.medias-presse.info/nais...

[9Frédéric Henry, PDG de Lubrizol, sur « Paris Normandie »s’exprime sur les causes possibles de l’incendie : « Je n’écarte aucune hypothèse », précisant que les normes de sécurité auraient dû empêcher le sinistre… «  L’incendie s’est déclaré aux alentours de 2 h du matin dans un endroit où rien ne bouge. Il n’y a pas d’activité, c’est un entrepôt…Si quelque chose commence à s’enflammer, le système le noie instantanément et cela s’arrête aussitôt  ».

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