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Scholz, Macron et Tusk tentent de combler les divisions européennes sur l’Ukraine

samedi 16 mars 2024

Macron a été recadré par le chancelier allemand pour ses déclarations bellicistes, démontrant que le pouvoir économique et militaire ne se décide pas à Paris mais à Berlin. L’Europe a centralisé son pouvoir en Allemagne avec la Banque Centrale européenne et compte bien tirer profit de la rente du fond de reconstruction européen qui coûte à la France la bagatelle de 75 milliards d’euros par an.

La mission de l’Europe est actuellement de compenser le financement américain à l’Ukraine qui est bloqué par le Congrès entièrement acquis à l’ancien président Donald Trump qui, s’il est élu en novembre 2024, stoppera le conflit et scellera la fin de l’OTAN.
Macron peut gesticuler autant qu’il le veut, il devra se plier aux exigences de Washington, même s’il a tenté de profiter de cet évènement pour détourner l’attention sur les rumeurs concernant son épouse.

Bruxelles comme Washington sont de plus en plus embarrassés par le comportement imprévisible du président français qui, comme disait Trump, transforme tout ce qu’il entreprend en désastre.

PARIS/BERLIN, 15 mars (Reuters) - Le chancelier allemand Olaf Scholz accueillera vendredi à Berlin ses homologues français et polonais pour tenter de projeter l’unité européenne sur le soutien à l’Ukraine après des semaines de frictions entre les alliés.
Un sommet organisé à la hâte à Paris le mois dernier avait pour but de donner un nouvel élan à l’Occident pour aider l’Ukraine à repousser une invasion russe à grande échelle après la troisième année de conflit.

Au lieu de cela, le refus du président français Emmanuel Macron d’exclure le déploiement de troupes occidentales en Ukraine a déclenché une réprimande de la part de M. Scholz, mettant en évidence les divisions entre les deux plus grandes puissances de l’Union européenne.
La querelle européenne survient alors que le soutien des États-Unis à l’Ukraine s’affaiblit, mettant en évidence le vide du leadership occidental qui risque d’enhardir davantage le président russe Vladimir Poutine, selon le point de vue des diplomates.

« L’heure est à l’apaisement entre la France et l’Allemagne », a déclaré à France Info, l’ancien ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui est désormais l’envoyé spécial de M. Macron. « Je pense que cette rencontre permettra d’apaiser les tensions et de renforcer le soutien à l’Ukraine ».
M. Macron devrait arriver vers midi pour une rencontre bilatérale avec M. Scholz avant l’arrivée de M. Tusk vers 14h00 heure locale (1300 GMT), a indiqué un responsable gouvernemental. Les trois dirigeants feront des déclarations avant de tenir une réunion ensemble.
Les prises de bec franco-allemandes ne sont pas nouvelles. Mais le niveau actuel de discorde a alarmé les responsables à Kiev et sur tout le continent.
Les deux dirigeants envoient des messages stratégiques très différents. Ces derniers temps, M. Macron se montre plus belliqueux, tandis que les partisans de M. Scholz le présentent comme un « chancelier de la paix » qui évitera toute escalade vers une guerre entre l’OTAN et la Russie.

Mykhailo Podolyak, conseiller principal du président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, a déclaré à Reuters que « l’indécision et l’absence de coordination » parmi les alliés de Kiev entraînaient de « graves conséquences ».
« La Russie commence à prendre de l’assurance et à croire qu’elle peut exercer une pression plus importante sur l’Ukraine », a-t-il déclaré. "L’Ukraine, à son tour, connaît une grave pénurie de ressources, principalement d’obus, et compromet son action.

RECHERCHE DE MUNITIONS
Le président américain Joe Biden n’est pas parvenu à faire adopter par le Congrès un important programme d’aide à l’Ukraine, et une grande partie de son action en matière de politique étrangère est focalisée sur la guerre à Gaza. Sur le plan intérieur, la revanche électorale de Donald Trump se profile à l’horizon.

Lors du sommet de Paris et de la réunion ministérielle de suivi, Washington n’a envoyé que son secrétaire d’État adjoint aux affaires européennes et eurasiennes.

Les alliés européens de Kiev - et leur capacité à collaborer efficacement - sont donc d’autant plus importants que les troupes ukrainiennes, à court de munitions, sont confrontées à leurs batailles les plus difficiles depuis les premiers jours de l’invasion russe.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a lancé jeudi un avertissement sévère aux membres de l’Alliance : l’Ukraine est à court de munitions et ils ne font pas assez pour l’aider.

« Il est urgent que les alliés prennent les décisions nécessaires pour intervenir et fournir davantage de munitions à l’Ukraine. C’est le message que j’adresse à toutes les capitales », a déclaré M. Stoltenberg.

Le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré à la chaîne d’information publique TVP Info qu’il serait en mesure de rendre compte à M. Scholz et à M. Macron de ses réunions avec M. Biden et d’autres dirigeants américains à Washington cette semaine.

M. Tusk a souligné l’importance de relancer la coopération dite du Triangle de Weimar entre Varsovie, Berlin et Paris, après huit années de régime nationaliste en Pologne qui ont mis ces relations à rude épreuve.

La position stratégique de la Pologne à proximité de l’Ukraine en a fait un partenaire essentiel de l’Europe dans sa quête de soutien à Kiev.

Toutefois, les questions relatives à la fourniture d’armes et à la capacité de l’Ukraine à faire face à la Russie à long terme ont fait vaciller certains alliés dans leur soutien.

« Certains ne croient pas que l’Ukraine gagnera la guerre maintenant et pensent que l’Europe n’est pas capable d’obtenir le soutien à long terme dont l’Ukraine a besoin et considèrent que l’on ne peut pas compter sur les Etats-Unis », a déclaré un diplomate européen.

Reuters

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