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La guerre civile froide : Jean-Michel Vernochet

La théogonie républicaine de Robespierre à Macron

vendredi 20 octobre 2017

Jean-Michel Vernochet présente son livre : « La guerre civile froide : La théogonie républicaine de Robespierre à Macron ». Le livre : http://bit.ly/2yHg8jG

Si les grands idéaux, Liberté, Égalité, Fraternité étaient restés ce qu’ils sont et ce qu’ils doivent être, des idéaux et non ce qu’ils sont devenus, des articles de foi et de loi, tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes républicains. Hélas des fanatiques, messianistes plus ou moins conscients, se sont mis en tête de faire tomber du ciel sur le plancher des hommes ces idéalités qui eussent dû y rester accrochées jusqu’à la fin des temps...

L’opposition entre les deux pôles droite/gauche incarne donc jusqu’à ce jour la guerre éternelle du Bien contre le Mal. D’un côté l’Homme nouveau, forcément jeune, surdiplômé, libéral-libertaire, urbain, habitant branché des métropoles, libre de préjugé, sachant jouir sans entrave ni temps mort, mobile, ouvert au monde et chantre du village planétaire. De l’autre, des beaufs ringards et repliés sur eux-mêmes avec leurs stéréotypes hérités d’un passé obsolète, peu éduqués, l’esprit encombré de vieilleries, statiques et sédentaires, en majorité ruraux ou provinciaux, à la mobilité intellectuelle réduite, hostiles et incapables de vivre le temps présent.

La guerre idéologique du XXIe siècle, après avoir opposé capitalisme et collectivisme, fait aujourd’hui se confronter le globalisme, soit la République universelle, aux Nations et aux traditions…

L’élection d’Emmanuel Macron a eu le mérite de bouleverser de fond en comble l’échiquier politique français. Peut-être même de l’annuler complétement pour mettre – enfin – à jour le clivage fondamental de notre époque : celui entre le global et le local, ou, de façon plus prosaïque, celui entre « patriotes » et « mondialistes », entre enracinés et hors-sols. Déjà, depuis près d’une décennie la frontière entre la « droite » et la « gauche » s’est trouvée largement remise en cause dans le débat public : « Union des droites » ; « Ni droite, ni gauche », « Gauche plurielle », etc. L’idéologie est ainsi devenue alibi à tous les sauts de cabris conceptuels inhérents à un rapport de force indexé en dernier ressort sur l’intérêt exclusif d’un personnel politique devenu fidéicommis de puissances financières supranationales…

Le président Macron, sous les apparences de la « modernité », incarne pleinement ce nouveau clivage et l’étale même avec complaisance au grand jour. Or si son élection doit être une catastrophe pour le peuple français, elle aura eu au moins ce mérite : mettre cartes sur table car nous sommes enfin sortis d’une pesante ambigüité !
Bref tout est à redéfinir. Et c’est le défi que Jean-Michel Vernochet nous invite à relever.

Au travers de cet ouvrage de philosophie politique aux accents très « gramscistes », celui qui aime à se définir comme « journaliste apnéiste » (pour sa propension à faire remonter du fond vers la surface les fameux « non-dits »), nous propose comme porte d’entrée à sa réflexion l’élection présidentielle 2017. Puis il entreprend de détricoter patiemment notre histoire récente depuis la Révolution française, une démarche poursuivie en véritable « déconstructeur » des idées qui dominent pour le pire notre époque et notre vision du monde. Ceci avec l’ambition, non dissimulée, de remettre à l’endroit des idéaux tordus par ceux qui en font fait des instruments de pouvoir et de domination. Finalement l’auteur nous fournit des éléments concrets utiles à ceux qui souhaitent s’arracher à cette cécité collective qui fait de nous les dupes de valeurs républicaines dévoyées à l’extrême.

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