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La condamnation d’AZF, un procès stalinien !

Pierre Dortiguier

mardi 25 septembre 2012

La catastrophe d’AZF, une entreprise toulousaine, dépendant de Total, qui connut une grave explosion, 10 jours après le 11 septembre 2001, causant la mort de 31 personnes, faisant 2500 blessés et des destructions de maisons, pourrait n’avoir aucune incidence internationale et ne rester qu’un malheur local ! Un premier procès a innocenté les dirigeants locaux de l’entreprise soutenus par leur personnel, cependant que l’intérêt des victimes - auquel s’ajoutent celui des syndicats gourmands - penchait naturellement vers une recherche de responsabilités, bien normale !

Le deuxième jugement de ce jour contredit le premier arrêt, met toujours hors de cause la société Total et condamne le directeur local – trois ans de prison dont un ferme et 45000 euros d’amende - pour la négligence d’avoir stocké dans un hangar des produits dont des experts déclaraient que leur mélange n’était point inflammable à cause de la température ambiante et de conditions non réunies !

Naturellement les syndicats, l’association d’aide aux victimes avec 1 million d’euros de dédommagement, sont satisfaits, et la C.G.T. peut parler, les poches remplies, de verdict « historique » !

La presse de l’époque, sous le coup des événements du 9/11 monta précipitamment le scénario d’un complot islamiste, en parlant d’un Tunisien, aux nombreux sous-vêtements, indice de sa vocation suicidaire ; ce dernier fut surtout une victime morte grillée et non explosée, mais des suspects furent arrêtés, des observateurs notèrent que certain hélicoptère de la gendarmerie tournait au-dessus du pole industriel avant l’explosion du hangard 221 !

En réalité ce fut un transformateur, dit-on, qui fut touché, près duquel fut retrouvé le pauvre Tunisien, mais ceci est une autre histoire...

Le Président Chirac et M. Jospin, à l’époque où la France était indépendante et pas alignée sur les USA, vinrent immédiatement à la ville rose, à la veille d’une réunion de l’OTAN qui devait se tenir à Bruxelles ! Et tous deux certifièrent, avant même l’enquête approfondie qu’il ne pouvait s’agir d’un attentat. Cette certitude affichée, d’abord étonnante, commença de s’effriter dès que plusieurs témoignages affluèrent, d’ouvriers et de passagers de voitures circulant sur la rocade voisine, rapportant qu’il y avait eu deux explosions bien distinctes, et que des objets traçants avaient été vus dans le ciel, frapper une cible, venant de hauteurs toulousaines.

Ces témoins gênaient la thèse d’un mélange malencontreux de nitrates posés négligemment que d’éminents chimistes affirmaient, redisons-le, être incapables d’exploser, sauf dans des circonstances nullement présentes !

« La république n’a pas besoin de savants », aurait-on dit au procès révolutionnaire du chimiste Lavoisier, alors jugé pour son œuvre de fermier général ou receveur des impôts ! Les chimistes étaient là plutôt dérangeants et c’est leur témoignage qui conduisit à l’acquittement du premier procès.

L’on peut douter de la véracité d’un témoin, de plusieurs aussi, - ce que rappela assez lourdement le Président lors du premier procès, quand des témoins, individuels ou en couple, donnaient une version qui n’était pas celle de l’accident, parlaient d’une lignée de feu, avant l’explosion - et deux témoins déclarèrent ainsi aux journalistes qu’on les avait contraints de retirer toute version pouvant laisser supposer un attentat, un usage d’explosif, une perception d’explosion avant la seule officielle ; bref il fallait taire les deux explosions !

Le Figaro et d’autres médiats s’étaient lancés sur la piste d’Al Qaïda... et des organisations terroristes existent, du pays basque aux indépendantistes bretons, corses, susceptibles d’être « instrumentalisées », mais surtout le motif de pousser la France à entrer en guerre, dans la croisade de Bush, après l’horreur qu’eût constituée la réussite de l’attentat, avec non pas trois dizaines, mais des milliers de Toulousains asphyxiés, ce qui aurait immanquablement « secoué » la France !

L’opinion formée par les médiats unanimes à soutenir ensuite la thèse de la responsabilité des dirigeants de l’entreprise, bien que toujours soutenus par le personnel, crut alors que la vétusté de l’endroit était en cause : ce que contredisait le fait que cette entreprise était très moderne, et s’était inspirée de modèles récents américains pour cela.

Outre la question des rétractations de témoins modifiant leurs versions, de gens qui entendent plusieurs détonations et sont priés d’aiguiser moins leur ouïe ou de ne pas s’influencer mutuellement quand ils voient un même objet au même instant traverser la route devant eux et entraîner une explosion fulgurante, la date des événements fit penser à certains curieux inclinés par expérience à suspecter une conspiration, qu’un coup avait été monté pour entraîner la France dans une vague antislamiste, et cela avant la guerre d’Afghanistan et d’Irak, car si l’explosion s’était produite intégralement, une masse de gaz aurait jailli des silos et se serait répandue le long de la Garonne, faisant plus de victimes qu’à New York 10 jours plus tôt.
En réalité le souffle de l’explosion avait déplacé le silo dangereux et donc atténué son effet sur la structure, sans provoquer de déchirure et de libération de gaz mortel ! Et cela parce que la direction avait précisément modernisé et sécurisé son entreprise, ce qui contredit l’opinion aveuglée par ce qui lui est répété, enfoncé comme un clou !

Justice est cependant passée ! Et il n’est presque plus possible de contester un jugement, sauf peut-être de vérifier des formules chimiques, qui ont malgré tout la vie dure, et laisseront toujours incrédules ceux qui croient que l’intelligence est un don divin, permettant de découvrir ce qui est et de rejeter ce qui n’est pas !

Une demande de cassation est en cours, mais que peut-elle obtenir contre une Raison d’Etat liguée à la satisfaction financière non pas seulement, celle normale des victimes, mais scandaleuse d’organisations syndicales ?

Un faux coupable, un « lampiste » dit l’argot parisien, vaut mieux que la vérité, surtout si des conspirationnistes s’en mêlent pour dire qu’il y avait des intérêts à un second attentat, cette fois en France, ce 21 septembre 2011 !

Pour sa défense, M. Biechlin, bouc émissaire de ce verdict, serait bien inspiré de consulter cette rubrique qui démontre la thèse de l’attentat « sous faux drapeau » islamiste...

Voir aussi cet entretien

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