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L’Arabie saoudite et l’Iran tiennent leurs premiers pourparlers directs depuis le début du conflit

samedi 11 avril 2026

L’Arabie saoudite a intensifié ses contacts directs avec l’Iran pour tenter de contenir la guerre, qui sème le chaos et met les marchés mondiaux sous pression. Le conflit a fait grimper les prix du pétrole en flèche.

Les Saoudiens sont en contact quasi quotidien avec l’ambassadeur iranien à Riyad pour réaffirmer que le territoire du royaume n’est utilisé ni par les États-Unis ni par quiconque pour attaquer l’Iran. L’Arabie saoudite fait également savoir à l’Iran que s’il poursuit ses attaques, le royaume pourrait être contraint de riposter. Toutefois, les autorités saoudiennes ne sont pas très confiantes quant à leur capacité à mettre fin à la guerre à ce stade.

L’Iran a riposté aux frappes américano-israéliennes qui ont débuté le 28 février en lançant ses propres attaques à la roquette et au drone. Les États du Golfe ont exhorté l’Iran à s’abstenir de toute riposte à leur encontre, et des pays tels que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ont déclaré que les États-Unis et Israël ne pouvaient utiliser ni leur espace aérien ni leur territoire pour mener des attaques contre la République islamique.

Le Conseil de coopération du Golfe, dont l’Arabie saoudite fait partie, avait déclaré que ses membres affirmaient leur droit de riposter à l’Iran en « légitime défense, individuellement ou collectivement ».

Les États arabes sunnites du Golfe entretiennent depuis longtemps des relations tendues avec l’Iran, un pays à majorité chiite. Ces dernières années, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avaient toutefois cherché à améliorer leurs relations et, avant le début des hostilités, tenaient à ce que l’Iran conclue un accord diplomatique avec les États-Unis dans le cadre de pourparlers menés sous la médiation d’Oman.

L’Arabie saoudite et l’Iran ont établi leur premier contact officiel de haut niveau depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le 28 février.

Jeudi 9 avril, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a reçu un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi. Selon un communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères, il s’agit de la première communication directe entre les deux parties annoncée publiquement depuis que l’Iran a lancé des frappes de représailles contre ses voisins du Golfe, dont l’Arabie saoudite, après le déclenchement des hostilités.

« L’entretien a porté principalement sur l’examen de l’évolution de la situation et sur les moyens d’apaiser les tensions afin de contribuer au rétablissement de la sécurité et de la stabilité dans la région », a déclaré un porte-parole du gouvernement saoudien à propos de cette discussion. Aucun communiqué détaillé distinct n’a été publié par la partie iranienne concernant le contenu de l’entretien, bien que des responsables iraniens aient confirmé que la discussion avait porté sur les relations bilatérales et les développements régionaux.

La conversation de jeudi fait suite à des informations datant de début mars indiquant que les responsables saoudiens avaient intensifié leurs contacts diplomatiques officieux avec l’Iran afin de contenir le conflit régional plus large. Ces interactions antérieures, impliquant des responsables de la sécurité et de la diplomatie, ont été décrites par des sources européennes comme des efforts urgents visant à empêcher une escalade et à protéger les intérêts économiques, notamment les infrastructures énergétiques dans le golfe Persique.

Cette décision coïncide avec un accord de cessez-le-feu distinct d’une durée de deux semaines conclu entre les États-Unis et l’Iran, négocié par le Pakistan et entré en vigueur le 8 avril.

Aux termes de cet accord, les deux parties ont convenu de suspendre les hostilités directes. L’Iran s’est engagé à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation internationale, une voie maritime cruciale pour le transport mondial de pétrole que Téhéran avait de fait restreinte pendant le conflit. En contrepartie, les États-Unis et Israël ont suspendu leurs frappes contre des cibles iraniennes.

Le président Donald Trump a déclaré que cet accord exigeait le respect total de la part de l’Iran, y compris le libre passage dans le détroit, tandis que les responsables iraniens l’ont qualifié de mesure temporaire ne signifiant pas la fin de la guerre. Des délégations des deux parties doivent se rencontrer à Islamabad, au Pakistan, ce week-end pour poursuivre les négociations.

Jeudi, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tenait toujours en ce qui concerne les affrontements directs entre les forces américaines et iraniennes. Cependant, la trêve est largement décrite comme fragile et sujette à des interprétations divergentes parmi les parties concernées.

Israël a poursuivi ses opérations militaires contre des cibles du Hezbollah au Liban, des actions que les responsables iraniens ont qualifiées de violation de l’esprit du cessez-le-feu, arguant que l’accord s’applique implicitement aux groupes soutenus par l’Iran. Les déclarations américaines et israéliennes soutiennent que l’accord s’applique spécifiquement à l’Iran et n’entrave pas les opérations contre le Hezbollah.

Par ailleurs, le trafic dans le détroit d’Ormuz est resté limité malgré l’exigence de l’accord concernant sa réouverture immédiate et complète.

AP

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